Schengen : l’Autriche soutient une entrée de la Croatie mais pas de la Bulgarie ou de la Roumanie

Le chancelier autrichien Karl Nehammer a exprimé son soutien à l’adhésion de la Croatie à l’espace Schengen de libre circulation. Il n’a toutefois pas donné son soutien à la Bulgarie ou à la Roumanie.

/ EURACTIV Allemagne / Euractiv.com
Second high level trilateral meeting between Hungary, Serbia and Austria
L’Autriche a opposé son veto à la récente adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à Schengen, l’espace sans frontières de l’UE, en raison des flux migratoires. « L’Autriche est confrontée de manière disproportionnée aux demandes d’asile et à l’immigration clandestine dans l’UE », a encore souligné Le chancelier autrichien Karl Nehammer. [EPA-EFE/ANDREJ CUKIC]

Le chancelier autrichien Karl Nehammer a exprimé son soutien à l’adhésion de la Croatie à l’espace Schengen de libre circulation. Il n’a toutefois pas donné son soutien à la Bulgarie ou à la Roumanie.

L’espace Schengen a été établi en 1985 et s’est étendu à 26 pays. La Commission européenne a proposé à présent d’y inclure la Croatie, la Roumanie et la Bulgarie.

L’Autriche, où le Parti populaire autrichien (Österreichische Volkspartei, ÖVP), un parti conservateur, mène une nouvelle croisade anti-migratoire, a exprimé son scepticisme quant à leur adhésion.

« Nous soutiendrons le parcours de la Croatie sur la voie de l’espace Schengen », a expliqué Karl Nehammer à Zagreb mercredi à l’occasion des 30 ans de relations bilatérales entre les deux pays. Mais, mardi, il a insisté sur le fait que les États membres « votent sur les pays individuellement ».

« La protection de la frontière croate implique toujours celle de la frontière autrichienne également », a-t-il ajouté, saluant la coopération avec la Croatie. En revanche, un nouvel itinéraire de migrants allant de la Turquie à la Bulgarie, puis à la Roumanie, puis à la Hongrie et à l’Autriche, emprunté par 40 % des réfugiés, montre bien que quelque chose ne va pas, a-t-il poursuivi.

À titre de comparaison, l’Autriche a enregistré 100  000 réfugiés non ukrainiens en 2022, la Hongrie environ 3 000 — un problème que M. Nehammer cherche à résoudre en établissant un pacte anti-migratoire avec la Hongrie et la Serbie.

Ni la Bulgarie ni la Roumanie ne sont susceptibles de recevoir le soutien de Vienne. Le ministre roumain de l’Intérieur, Lucian Bode, devrait se rendre à Vienne pour répondre aux préoccupations de l’Autriche et démontrer que l’espace Schengen deviendrait « de facto » plus sûr après l’adhésion de la Roumanie à l’espace sans frontières.

Parallèlement, le Premier ministre croate Andrej Plenković a déclaré qu’il avait profité de la réunion avec M. Nehammer pour « fournir des clarifications supplémentaires […] dans un contexte plus large auquel l’Autriche est confrontée aujourd’hui, qui concerne un pic du nombre de demandeurs d’asile sur son territoire et une augmentation générale de la migration illégale ».

« Nous sommes parfaitement conscients des préoccupations du chancelier et du gouvernement autrichien », a déclaré M. Plenković. Il n’a pas évoqué la Bulgarie et la Roumanie et s’est concentré sur l’aspect bilatéral de la réunion, soulignant les liens commerciaux solides entre les deux pays.

« L’Autriche est le deuxième plus grand investisseur en Croatie et l’un de nos cinq principaux partenaires commerciaux. Nous parlons de deux des quatre plus grandes banques, de sociétés de médias, de grandes entreprises de construction… Et plus de 1,5 million de touristes autrichiens ont visité la Croatie cette année. Cela montre à quel point nos liens sont forts », a-t-il conclu.