Semaine d'incertitude pour la zone euro

  La zone euro entame une semaine d'incertitude politique, alors que les parlements slovène, finlandais et allemande s'apprêtent à voter sur le renforcement du FESF.

German euro coin. [Shutterstock]
German euro coin. [Shutterstock]

 

La zone euro entame une semaine d'incertitude politique, alors que les parlements slovène, finlandais et allemande s'apprêtent à voter sur le renforcement du FESF.

Les dirigeants de la zone euro ont décidé le 21 juillet d'accorder au Fonds européen de stabilité financière (FESF) de nouvelles compétences, notamment la possibilité d'accorder des prêts préventifs aux pays et d'acheter des obligations souveraines aux Etats surendettés. Ces changements doivent être approuvés par les parlements nationaux.

Mardi, le parlement slovène votera sur les nouveaux pouvoirs du FESF après que le gouvernement du premier ministre, Borut Pahor, a été désavoué la semaine dernière par le parlement.

La plupart des analystes s'attendent à ce que le parlement approuve la législation, dans la mesure où l'assemblée législative pour la politique financière et monétaire l'a adoptée la semaine dernière, mais un refus surprise n'est pas à exclure.

Dans le même temps, les différentes commissions du parlement slovaque devraient entamer les discussions sur le FESF cette semaine, le vote final étant prévu dans le courant du mois d'octobre.

Allemagne

En Allemagne, le Bundestag votera sur les nouveaux pouvoirs du FESF jeudi (29 septembre). Nombreux sont ceux qui considèrent qu'il s'agira là d'un test pour la chancelière, Angela Merkel, qui doit affronter une opposition farouche au sein même de sa coalition.

La semaine dernière, les dirigeants parlementaires des partenaires de la coalition de Mme Merkel (conservateurs et libéraux-démocrates (FDP)) se sont exprimés en faveur du projet de loi, ouvrant la voie à son approbation.

Même si la proposition législative sera à coup sûr approuvée par le parlement, dans la mesure où les partis de l'opposition sont pour son adoption, Mme Merkel aura des difficultés à lutter contre les réticences des membres insoumis de sa coalition.

Certains dirigeants politiques ont laissé entendre que si Mme Merkel ne parvenait pas à gagner une majorité au sein des partis conservateurs de sa coalition, connue en Allemagne sous le nom de « majorité du chancelier », elle devrait dissoudre le parlement et demander la tenue de nouvelles élections.

Lors d'une interview dimanche, Mme Merkel a déclaré qu'elle ne considérait pas le vote de jeudi comme décisif pour l'avenir de son gouvernement. « Nous parlons d'une loi, une loi tout à fait normale. Le gouvernement a besoin d'une majorité. La majorité du chancelier est ce dont vous avez besoin lorsque vous êtes élu chancelier, ou dans d'autres cas personnels exceptionnels », a-t-elle expliqué.

« Je veux ma majorité et je me battrai pour cela ».

Mme Merkel jouit également du soutien des plus importantes associations d'entreprises allemandes, qui ont écrit une lettre ouverte aux parlementaires du Bundestag pour leur demander d'approuver le FESF. 

Finlande

En Finlande, le parlement devrait également approuver le renforcement du FESF lors d'un vote prévu cette semaine, a déclaré la ministre des finances, Jutta Urpilainen. « J'espère et je pense que ces modifications seront acceptées », a-t-elle dit à la presse, sans donner de précisions quant à la date exacte du vote.

Sous la pression des Vrais Finlandais, un parti nationaliste, la Finlande a demandé des garanties à Athènes en échange du second renflouement de la Grèce, approuvé par les dirigeants de la zone euro le 21 juillet.

Mme Urpilainen a affirmé que les négociations sur la question des garanties étaient en cours et qu'elle espérait qu'un accord serait conclu dès que possible. « La semaine dernière, l'Eurogroupe s'est mis d'accord sur deux principes : les garanties doivent être disponibles pour chacun et elles impliquent des conditions », a-t-elle expliqué. « Ces conditions n'ont pas encore été définies, mais elles font l'objet de négociations, tout comme le modèle de garanties ».

« Défaut ordonné » de la Grèce

Dans le même temps, un « défaut ordonné » de la dette astronomique de la Grèce est de plus en plus évoqué comme l'un des trois scénarios possibles pour résoudre les problèmes budgétaires d'Athènes et éviter qu'ils ne se propagent dans les autres pays de la zone.

Deux journaux pro-gouvernement ont fait savoir que le ministre des finances, Evangelos Venizelos, avait déclaré aux députés du Parti socialiste au pouvoir qu'il envisageait trois scénarios pour résoudre la crise et que l'un d'entre eux impliquait un défaut ordonné et une décote supérieure à 50 % pour les détenteurs d'obligations.

Une source haut placée du gouvernement a toutefois démenti ces informations et M. Venizelos, en route vers Washington pour discuter avec les bailleurs de fonds de la Grèce, a déclaré que son pays s'engageait à mettre en œuvre le second programme de renflouement de 109 milliards d'euros.

« Tous les autres commentaires, discussions, rumeurs et scénarios, qui détournent notre attention de son objectif principal et de l'obligation politique de la Grèce […] ne nous aide pas dans notre tâche européenne commune », a-t-il déclaré d'un communiqué publié par son ministère.

Ses commentaires ont été relayés par la chancelière allemande, Angela Merkel, qui a affirmé dimanche que permettre à la Grèce de déclarer le défaut de paiement sur sa dette détruirait la confiance des investisseurs en la zone euro et pourrait provoquer une contagion comme celle qui a suivi la faillite de Lehman Brothers en 2008.

« Nous devons prendre des mesures que nous pouvons contrôler », a insisté Mme Merkel, établissant un parallèle entre la situation de la Grèce et celle de Lehman, dont la faillite avait contribué au début de la crise financière mondiale.

« Nous ne pouvons pas détruire la confiance de tous les investisseurs à mi-parcours et arriver à une situation où ils se disent que si nous avons fait cela pour la Grèce, nous le ferons également pour l'Espagne, la Belgique, ou tout autre pays. Plus personne n'investirait d'argent en Europe dans ce cas ».

EURACTIV avec Reuters – Article EURACTIV traduit de l'anglais par Amandine Gillet