Semaine mondiale de l’eau : il faut arrêter de gaspiller la nourriture [FR]
Des scientifiques et des experts du monde entier ont prévenu que le gaspillage alimentaire mondial doit être réduit de moitié d’ici 2025 afin de répondre aux défis de nourrir la population en forte augmentation et de préserver les réserves mondiales d’eau.
Des scientifiques et des experts du monde entier ont prévenu que le gaspillage alimentaire mondial doit être réduit de moitié d’ici 2025 afin de répondre aux défis de nourrir la population en forte augmentation et de préserver les réserves mondiales d’eau.
Le maintien de la surproduction et du gaspillage alimentaire entraînera non seulement une pénurie d’aliments, mais aussi d’eau, selon un rapport du Stockholm International Water Institute (SIWI), de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’International Water Management Institute (IWMI).
L’étude, intitulée « Saving Water: From Field to Fork – Curbing Losses and Wastage in the Food Chain », a été présentée dans le cadre de la Semaine mondiale de l’eau, qui s’est conclue le 22 août à Stockholm.
Elle met en garde contre les énormes quantités de nourritures jetées pendant la production, le transport, dans les supermarchés et dans les foyers. Cette nourriture gaspillée implique un gaspillage d’eau. Aux Etats-Unis, jusqu’à 30 % de la nourriture est jetée chaque année, pour une valeur de quelque 48,3 milliards de dollars. En Europe, le taux de gaspillage serait similaire.
Selon le rapport, cette situation équivaut à laisser couler 40 billions de litres d’eau directement dans la poubelle : assez d’eau pour répondre aux besoins ménagers de 500 millions d’individus.
Les besoins mondiaux en nourriture devraient approximativement doubler d’ici 2050. Dans le même temps, l’amenuisement des réserves de pétrole ainsi que l’inquiétude grandissante vis-à-vis du changement climatique amènent des pays à investir considérablement dans la biomasse, ce qui entraîne une raréfaction des terrains destinés à la production alimentaire. De plus, l’enrichissement de pays tels que la Chine ou l’Inde implique l’augmentation de l’utilisation de produits agricoles nécessitant beaucoup d’eau comme le bœuf ou la bioénergie.
Les prix alimentaires ont commencé à s’envoler au cours des derniers mois, provoquant des émeutes dans un certain nombre de pays pauvres dont Haïti, le Mexique, le Maroc et le Sénégal (EURACTIV 04/07/08). En outre, on estime à 1,2 milliards le nombre de personnes vivant actuellement dans des régions où les réserves d’eau ne répondent pas à la demande, entraînant des décès et des maladies liés à de mauvaises conditions d’hygiène.
Selon le rapport, des politiques frileuses, une gestion insuffisante, un gaspillage de plus en plus important ainsi que la croissance exponentielle de la demande en eau poussent la planète aux limites d’une crise mondiale de l’eau. Le rapport appelle en outre les gouvernements à mettre à l’ordre du jour de leur agenda politique une stratégie efficace d’économie d’eau, stratégie qui implique une diminution du gaspillage alimentaire.