Sentiments mitigés des PME à l’égard de M. Barroso [FR]
Certains dirigeants d’entreprises déclarent que l’exécutif sortant a été le meilleur qu’aient jamais connu les PME, tandis que d’autres craignent que le « Small Business Act » ne soit négligé si la prochaine Commission ne poursuit pas les efforts. Avec la contribution d’EURACTIV.fr.
Certains dirigeants d’entreprises déclarent que l’exécutif sortant a été le meilleur qu’aient jamais connu les PME, tandis que d’autres craignent que le « Small Business Act » ne soit négligé si la prochaine Commission ne poursuit pas les efforts. Avec la contribution d’EURACTIV.fr.
La semaine dernière, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso n’a mentionné les PME que cinq fois dans son document de 43 pages, qui établit ses priorités pour les cinq prochaines années.
Le document a souligné le besoin de restaurer la stabilité économique et la création d’emploi, tout en promettant de promouvoir une nouvelle culture entrepreneuriale en Europe.
M. Barroso a admis qu’il était nécessaire de mettre tout le monde sur pied d’égalité dans le but de donner aux PME un accès aux marchés. Il a aussi souligné qu’une réglementation plus réfléchie serait requise afin de trouver un équilibre entre la protection des consommateurs et l’ « étranglement » des PME par les paperasseries administratives.
Les groupes d’entrepreneurs français se sont dit surpris que le président de la Commission ait négligé de citer ouvertement le Small Business Act, qui a été un projet phare du commissaire sortant aux Entreprises, Günter Verheugen. Le président de la Confédération générale des PME (CGPME), Jean-François Roubaud, a déclaré que la mise en œuvre de tous les éléments du Small Business Act dans chacun des 27 Etats membres devrait rester une priorité.
Jean-Claude Karpeles, président du Club Europe Chambre de commerce et d’industrie, partage entièrement ce point de vue, tout en notant que le SBA n’était rien de plus qu’un « vœu pieux » de la part de la Commission européenne à moins qu’il ne soit mis en œuvre dans les Etats membres.
Les PME saluent l’engagement pour un statut d’entreprise privée
Sans surprise, la promesse de M. Barroso de continuer à travailler sur un statut d’entreprise privé européenne a été chaudement accueillie, puisqu’une telle mesure faciliterait grandement le rayonnement des PME françaises sur le marché unique européen.
Des réserves subsistent sur le soutien aux PME cherchant à se développer sur des marchés émergents à croissance rapide. Selon M. Karpeles, cette plus grande internationalisation du secteur des petites entreprises ne sera pas réaliste tant que les PME n’obtiennent pas une « analyse approfondie de ces pays ». Il a salué l’attention accordée à l’innovation technologique au service du développement durable, puisque c’est un « créneau sur lequel les PME sont susceptibles de se positionner ».
« La préoccupation environnementale fait consensus », selon M. Karpeles, mais il a souligné que l’intervention du gouvernement dans ce domaine ne devait pas générer de « distorsions de concurrence ».
La meilleure Commission que les PME aient jamais connue
Les groupes d’entrepreneurs à Bruxelles étaient moins enclins à critiquer le projet de M. Barroso, préférant à la place rappeler à la Commission ses priorités pour les cinq prochaines années.
Le directeur de la politique économique et fiscale, Gerhard Huemer, a déclaré que les PME allaient se rappeler avec chaleur de la commission Barroso.
Si vous considérez ce que la Commission a réalisé lors de ces cinq dernières années avec MM. Barroso et Verheugen, on peut dire que c’était la meilleure Commission que les PME aient jamais connue, a-t-il dit.
Il a affirmé que le discours du président de la Commission était destiné à « appuyer sur tous les bons boutons » sans avoir le temps d’approfondir aucune question en particulier.
Le document se concentre sur les bons défis et sur le fait qu’il nous faut une Europe forte sur la scène internationale. Nous voulons qu’il existe une concurrence libre et équilibrée, et la stabilité sociale.
M. Huemer a déclaré qu’il serait injuste d’attendre une profusion de détail sur l’entreprenariat ou sur la réductions des contraintes administratives dans un document de ce type. Dans tous les cas, nous n’avons pas besoin d’un second Small Business Act – nous avons besoin de faire marcher le SBA.