Sept finalistes contrastés pour le prix Sakharov 2013
Edward Snowden, le lanceur d'alerte américain fait partie des finalistes du prix pour la liberté de penser du Parlement européen. Mais la Pakistanaise Malala Yousafzai a remporté le plus grand soutien des partis politiques européens.
Edward Snowden, le lanceur d'alerte américain fait partie des finalistes du prix pour la liberté de penser du Parlement européen. Mais la Pakistanaise Malala Yousafzai a remporté le plus grand soutien des partis politiques européens.
Les sept finalistes du prix Sakharov ont été présentés le 16 septembre à Bruxelles.
Comme EURACTIV l'a rapporté la semaine dernière, les Verts et la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/GVN) ont nommé l'ancien contractant de la CIA et de la NSA, Edward Snowden.
C'est cependant Malala Yousafzai, blessée à la tête par balles par les talibans, qui a reçu le plus large soutien de l'assemblée. La jeune fille de 16 ans défend le droit à l’éducation des filles. Les trois grands groupes politiques – les libéraux (ADLE), le centre-droit (PPE) et le centre-gauche (Socialistes & démocrates) – ont opté pour elle.
La survivante à la tentative d'assassinat a été soignée en Grande-Bretagne. Lors de l'inauguration de la nouvelle bibliothèque de Birmingham, elle a déclaré : « Les stylos et les livres sont les meilleures armes pour combattre le terrorisme ».
« Je suis vraiment convaincue que la seule manière d’établir la paix dans le monde, c’est en formant nos esprits, mais aussi nos cœurs et nos âmes. »
Les autres finalistes
Reeyot Alemu et Eskinder Nega figurent parmi les personnes sélectionnées. Accusés de terrorisme, ces deux journalistes éthiopiens sont en prison, après avoir rédigés des articles critiquant le gouvernement.
L'oligarque russe Mikhail Khodorkovsky est également finaliste. Il a été accusé de fraude et condamné en 2005. Son entreprise Yukos s'est effondrée, car le gouvernement de Vladimir Poutine avait gelé ses actifs. Sa condamnation a été prolongée jusqu'en 2017 et beaucoup pensent que son procès était politiquement motivé. Amnesty International le considère comme un prisonnier d'opinion.
Le militant biélorusse Ales Bialatski figure pour la deuxième fois sur la liste. Aux côtés d'Eduard Lobau et de Mykola Statkevich, qui représentent « tous les prisonniers politiques en Biélorussie ». Ils sont emprisonnés depuis 2010, pour avoir manifesté dans les rues de Minsk contre les élections présidentielles « frauduleuses » dont le président Alexander Loukachenko est sorti vainqueur. Ales Bialatski a également été sélectionné pour le prix Nobel de la paix 2012.
Les eurodéputés ont aussi choisi les « hommes debout » turcs. Erdem Gündüz, 34 ans, a été le premier homme à rester debout, les mains dans les poches lors des manifestations dans le parc Gezi à Istanbul. Cette façon de manifester est un symbole du mouvement pacifique. Des centaines d'autres personnes l'ont rejoint pour protester contre la brutalité policière.
Le dernier candidat sélectionné est en réalité un projet et non une personne. Le CNN Freedom Project « Mettre fin à l'esclavage moderne » est une campagne mondiale contre le commerce des esclaves, la traite des êtres humains et le travail des enfants. Il met en évidence « les souffrances des victimes allant de la Mauritanie à l'Inde, en passant par les Philippines ».
Nelson Mandela et Aung San Suu Kyi avaient remporté le prix au cours des éditions précédentes. Les dissidents iraniens Nasrin Sotoudeh et Jafar Panah étaient les lauréats de l'année dernière.
« […] C’est un message de solidarité et de reconnaissance pour une femme et un homme qui n'ont pas plié sous la peur et l'intimidation, et qui ont décidé de faire passer le sort de leur pays avant le leur », avait indiqué l'année dernière le président du Parlement, Martin Schulz.