Serbie-Kosovo : l’envoyé spécial de l’UE cherche un accord sur l’Association des municipalités serbes
L’envoyé de l’UE pour le dialogue entre le Kosovo et la Serbie, Miroslav Lajčák, a rencontré le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, à Pristina jeudi (11 mai) pour discuter de la création de l’Association des municipalités serbes.
L’envoyé de l’UE pour le dialogue entre le Kosovo et la Serbie, Miroslav Lajčák, a rencontré le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, à Pristina jeudi (11 mai) pour discuter de la question de la création de l’Association des municipalités serbes.
Après sa rencontre avec M. Kurti, M. Lajčák a déclaré que ce dernier comprenait ce que l’UE attendait de lui dans le cadre de ce processus.
« J’ai parlé en détail avec le Premier ministre de la manière dont l’Union européenne voit le processus de rédaction du statut, et je pense que nous avons une bonne compréhension de ce processus », a-t-il déclaré.
Un projet d’Association des municipalités serbes, rédigé par une équipe soutenue par l’UE, avait été rejeté par M. Kurti au motif qu’il était inconstitutionnel. M. Kurti a alors présenté sa propre proposition, basée sur le modèle croate.
M. Lajčák a rappelé que, pour être acceptée par l’UE, la proposition doit être « basée sur les normes et les valeurs européennes et [être] est conforme au modèle européen existant », a affirmé M. Lajčák.
Il a ajouté qu’un terrain d’entente entre les deux parties serait trouvé afin de satisfaire toutes les parties. « Les facilitateurs doivent trouver un terrain d’entente, et c’est exactement ce que nous ferons », a souligné M. Lajčák.
Il a également indiqué qu’une réunion des négociateurs des deux parties se tiendrait à Bruxelles dans un avenir proche.
M. Kurti a déclaré qu’au cours des discussions sur la mise en œuvre de l’accord lors de la réunion, il a exigé que la Serbie soit tenue pour responsable de ses propres violations des accords précédents.
La création de l’Association a été convenue en 2013, mais n’a pas été mise en œuvre, la cour constitutionnelle du Kosovo l’ayant jugée incompatible avec la constitution.
La Serbie a maintenu la pression pour qu’elle soit créée, déclarant que tous les accords précédents devaient être respectés tout en ne s’en tenant pas aux accords qu’elle a également signés, par exemple en faisant pression sur les pays pour qu’ils retirent leur reconnaissance de la souveraineté du Kosovo et en faisant obstacle à l’adhésion du Kosovo à diverses organisations internationales.
« J’ai accueilli le représentant spécial de l’UE, Miroslav Lajčák, dans nos bureaux. J’ai insisté sur la nécessité de mettre en œuvre l’accord de base dans son intégralité et sur la nécessité pour l’UE de tenir la Serbie pour responsable des violations continues de cet accord », a indiqué M. Kurti sur Twitter.
M. Lajčák s’est ensuite rendu au nord du Kosovo pour « se rendre compte de la situation sur place » et dans « l’espoir qu’une solution politique soit trouvée afin de se concentrer pleinement sur la normalisation ».
M. Lajčák a déclaré qu’il écouterait également le point de vue du maire de Sud Mitrovica, Bedri Hamza, qui a ensuite fait une déclaration aux médias.
« Nous avons également parlé des progrès réalisés au cours de ces années, mais aussi de la sensibilité qui existe et qui est présente dans cette partie du Kosovo, et nous ferons tous de notre mieux pour travailler au profit de la paix, de la prospérité et de la création de conditions de vie convenables pour tous sans distinction, avec la priorité de l’application de la loi », a-t-il déclaré.
Après avoir rencontré M. Hamza, M. Lajčák a traversé le pont de l’Ibar, un pont en acier qui enjambe la rivière Ibar et sépare les quelque 80 000 Albanais du Kosovo, au sud, des quelque 50 000 Serbes de souche et autres nationalités, au nord. Il était auparavant utilisé comme point de contrôle militaire et constitue une frontière de facto entre l’enclave serbe et le reste du Kosovo.
Le pont n’est pas encore ouvert, mais à la fin du mois d’avril, l’assemblée de la municipalité de Mitrovica Nord a voté en faveur de sa réouverture, une décision contestée par le parti de la Liste serbe pour le Kosovo, soutenu par Belgrade.
« Le pont de Mitrovica faisait partie du dialogue, je pense donc que la décision de le rouvrir devrait être prise dans le cadre du dialogue. Tout est entre les mains des deux parties. Je souhaite que l’ouverture du pont contribue à la stabilité », a indiqué M. Lajčák.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]