Silvio Berlusconi porte un coup à la coalition de Giorgia Meloni lors d'un vote au Sénat
Giorgia Meloni est parvenue jeudi (13 octobre) à faire élire son candidat à la présidence du Sénat, mais les votes qui ont permis cette élection sont venus de l’opposition de gauche et non de sa propre coalition.
Giorgia Meloni est parvenue jeudi (13 octobre) à faire élire son candidat à la présidence du Sénat, mais les votes qui ont permis cette élection sont venus de l’opposition de gauche et non de sa propre coalition.
Le Parlement italien s’est réuni jeudi pour la première fois depuis les élections générales du 25 septembre, remportées par la coalition de centre-droit dirigée par la chef de file du parti Frères d’Italie (Fratelli d’Italia, des Conservateurs et Réformistes européens, CRE), Giorgia Meloni, qui devrait devenir la prochaine Première ministre italienne.
La Chambre et le Sénat se sont réunis pour élire leurs présidents respectifs, une étape nécessaire pour procéder à la formation d’un gouvernement.
Le nouveau président du Sénat sera Ignazio La Russa, du parti Fratelli d’Italia, qui l’a emporté avec 116 voix sur les 200 que compte la Chambre haute.
Néanmoins, ce vote a révélé la fragilité de la coalition majoritaire de centre-droit et de l’opposition de centre-gauche.
Forza Italia montre les dents
Forza Italia (Allez l’Italie, Parti populaire européen, PPE), à l’exception toutefois de son leader Silvio Berlusconi et d’un autre sénateur, s’est abstenu de voter après le rejet par Mme Meloni des candidatures présentées par M. Berlusconi pour des postes de ministres.
L’analyste politique Luigi Di Gregorio a confié à EURACTIV Italie que l’instabilité de la coalition de centre-droit démontrée aujourd’hui au Sénat est le résultat d’une tentative du parti Forza Italia d’obtenir des positions stratégiques au sein du prochain gouvernement.
Cependant, le parti de Silvio Berlusconi, qui a obtenu environ 8 % lors des dernières élections, n’a aucun avantage à quitter la coalition et à perdre ses chances de gouverner.
Avant le vote, M. Berlusconi aurait eu une vive altercation avec le président du Sénat nouvellement élu, mais il s’est ensuite déclaré « heureux » du résultat du vote et a nié tout conflit : « Nous collaborons avec loyauté et sommes en parfait accord pour donner à notre pays un cadre institutionnel stable et un gouvernement fort et cohérent ».
Toutefois, les sénateurs de l’opposition ont voté pour M. La Russa afin de compenser les défections de Forza Italia.
Les votes supplémentaires sont probablement venus de la coalition centriste dite du « troisième Pôle »,« troisième pôle », composé d’Italia Viva (IV) de Matteo Renzi et du parti Azione (Action) de Carlo Calenda, tous deux membres du groupe Renew Europe au Parlement européen.
Le « troisième pôle », représenté par neuf sénateurs, nie avoir voté avec le centre-droit.
« Si cela avait été moi, non seulement je l’aurais réclamé, mais j’aurais demandé quelque chose en retour », a déclaré M. Renzi.
Ce dernier a pointé du doigt le chef du Parti démocrate (Partito Democratico, PD), Enrico Letta, qui, selon lui, est responsable de la division du centre-gauche.
M. Letta a répondu que « le vote d’aujourd’hui au Sénat certifie tristement qu’une partie de l’opposition n’attend rien d’autre que de rejoindre la majorité ».
Le PD a souligné que les « coupables » dans les rangs du centre-gauche apparaîtront lorsque la distribution des rôles institutionnels, tels que ceux des vice-présidents, aura lieu.
Le président du Mouvement 5 étoiles (Movimento 5 Stelle, M5S), Giuseppe Conte, a déclaré que son groupe au Sénat était uni et a nié avoir contribué à l’élection du nouveau président du Sénat.
Selon M. Di Gregorio, cet épisode inquiétant ne devrait pas se répéter lors du vote de vendredi destiné à élire le président de la chambre basse.
Une fois ce second vote terminé, à partir de lundi, il sera possible pour le président de la République, Sergio Mattarella, de commencer les consultations, et si Mme Meloni présente un cabinet de ministres cohérent, le gouvernement pourrait être sur pied dès vendredi prochain (21 octobre).
Pour sa part, Giorgia Meloni a commenté : « Je n’ai pas l’intention de me concentrer sur des questions secondaires. L’Italie demande des réponses immédiates ; nous continuerons à agir rapidement ».