Slovaquie : Robert Fico maintient sa position anti-Ukraine, quitte à être exclu de son groupe

Robert Fico, vainqueur des élections en Slovaquie et chef du parti SMER, ne changera pas sa rhétorique sur l’Ukraine et préférerait « payer le prix » d’être exclu du groupe de l’UE auquel son parti est affilié, a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux après que le chef des socialistes européens a menacé de l’expulser.

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Par le passé, il a par exemple diffusé des fausses informations selon lesquelles la guerre avait été déclenchée par des « fascistes ukrainiens » et a comparé les forces de l’OTAN stationnées en Slovaquie à des forces nazies. [ EPA-EFE/MARTIN DIVISEK]

Robert Fico, vainqueur des élections en Slovaquie et chef du parti SMER, ne changera pas sa rhétorique sur l’Ukraine et préférerait « payer le prix » d’être exclu du groupe socialiste de l’UE auquel son parti est affilié, a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux après que le chef des socialistes européens a menacé de l’expulser.

M. Fico et son parti, le SMER, viennent de remporter les élections en Slovaquie et sont accusés de tenir un discours pro-russe.

Par le passé, il a par exemple diffusé des fausses informations selon lesquelles la guerre avait été déclenchée par des « fascistes ukrainiens » et a comparé les forces de l’OTAN stationnées en Slovaquie à des forces nazies.

Autant dire que le personnage dérange au sein des socialistes européens. Face à des médias suédois, le chef du Parti socialiste européen, Stefan Löfven, a notamment déclaré que si cette rhétorique se poursuivait et commençait à être appliquée au sein du gouvernement, il envisagerait d’entamer la procédure d’expulsion.

De quoi indigner M. Fico : il s’attendait plutôt à des félicitations qu’à des menaces, a-t-il déclaré, en qualifiant de « chantage » les propos du patron des socialistes de l’UE.

« Si notre exclusion du parti international doit être le prix à payer pour la poursuite d’un véritable programme de gauche en Slovaquie et l’expression d’opinions souveraines, nous sommes prêts à payer ce prix », a déclaré M. Fico.

M. Fico a aussi considéré que les propos de M. Löfven sont « antidémocratiques et autoritaires » et a répété que son parti avait condamné l’usage de la force par la Russie en Ukraine, mais que ses opinions sur la « paix en Ukraine » ne changeraient pas.

Le SMER a récemment réitéré sa position sur l’Ukraine, déclarant que l’Union européenne devrait chercher une solution diplomatique et négocier un accord de paix au lieu d’envoyer des armes à l’Ukraine.

M. Fico a déclaré que son gouvernement fournirait une aide humanitaire et s’acquitterait de ses obligations financières envers l’Ukraine, mais qu’il n’enverrait pas « une autre balle ».

Appels à l’expulsion… récurrents

Les socialistes européens font face à de nouveaux appels pour expulser SMER de leurs rangs. Les dirigeants du Parti vert européen ont déclaré qu’il n’était « pas compréhensible » que le SMER reste membre du parti.

« C’est l’heure de vérité pour le groupe des socialistes et démocrates au Parlement européen. Ils doivent décider s’ils veulent vraiment continuer à siéger dans un groupe avec des eurodéputés d’un parti qui diffuse ouvertement de la désinformation du Kremlin, qui attaque les minorités et la liberté de la presse », ont déclaré Terry Reintke et Philippe Lamberts, coprésidents du Groupe des Verts/ALE au Parlement européen.

Le parti SMER de M. Fico a été suspendu pour la première fois du Parti socialiste européen (PSE) pendant dix mois en 2006 pour avoir formé un son gouvernement de coalition avec le Parti national slovaque d’extrême droite. Le SMER a également été menacé de suspension en 2015 en raison de la rhétorique anti-migrants de son dirigeant.

Depuis lors, le PSE a accordé un soutien mitigé au SMER, compte tenu de ses racines socialistes et de la nécessité de disposer des quatre eurodéputés que le parti apporte à l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D) au Parlement européen.

Les socialistes européens sont actuellement confrontés à une pression croissante de la part d’autres groupes politiques, en particulier le Parti populaire européen (PPE) de centre droit, que le PSE a toujours critiqué parce qu’il compte dans ses rangs le parti Fidesz de Viktor Orban.

Le parti Fidesz a une rhétorique similaire à celle du SMER en ce qui concerne la Russie et l’Ukraine.

Bien que le Fidesz ait finalement été exclu du PPE, les socialistes européens n’ont jamais pris de mesures adéquates pour faire face au SMER, leur propre « enfant terrible ».

[Edité par Davide Basso]