Sortie du nucléaire d’ici 2034 pour la Suisse
Faisant écho aux mesures prises par l’Allemagne suite à la catastrophe de Fukushima, le parlement suisse a approuvé le projet de l'abandon du nucléaire dans le pays d’ici 2034.
Faisant écho aux mesures prises par l’Allemagne suite à la catastrophe de Fukushima, le parlement suisse a approuvé le projet de l'abandon du nucléaire dans le pays d’ici 2034.
Cette décision du Sénat suisse hier (28 septembre) fait suite à un vote effectué en juin par la chambre basse pour concernant la fermeture progressive des centrales nucléaires, une mesure recommandée en mai par le gouvernement, qui avait gelé les projets de nouvelles constructions dans le sillage de l'explosion de la centrale de Fukushima.
Par cette décision, la Suisse emboîte le pas à l'Allemagne, qui a décidé en mai de fermer tous ses réacteurs nucléaires d'ici 2022.
Le gouvernement suisse estime que l'abandon progressif du nucléaire dans ce pays alpin coûterait jusqu'à 3,8 milliards francs suisses (3,1 milliards d'euros).
Le Parti socialiste, le Parti écologiste suisse et le Parti démocrate-chrétien ont salué la décision du Sénat et l'ont qualifiée d'important pas en avant vers une nouvelle politique énergétique, alors que ceux qui souhaitent une utilisation accrue de sources d'énergie renouvelable se font de plus en plus nombreux.
Berne a déclaré que l'abandon du nucléaire accélèrerait le développement des centrales hydro-électriques déjà viables et d'autres énergies renouvelables pour remplacer l'énergie nucléaire, mais n'a pas exclu la possibilité d'importer de l'électricité.
Si nécessaire, la Suisse pourrait également se rabattre sur l'électricité produite par des carburants fossiles, tout en respectant les objectifs établis dans la politique de changement climatique de la Suisse, peut-on lire dans un communiqué du gouvernement.
Doris Leuthard, la ministre à l'environnement et à l'énergie, a souligné que l'énergie nucléaire devenait de toute façon de plus en plus chère à cause des coûts entraînés par la nécessité de rendre les centrales plus sûres.
« Si nous parvenons à promouvoir de nouvelles technologies, ce sera un investissement au nom de nos enfants pour l'avenir de la Suisse », aurait-elle déclaré, reconnaissant que certaines questions restaient en suspend. « Il est cependant important que nous commencions dès maintenant. Je vous demande de faire confiance au gouvernement, il s'agit du chemin à prendre pour l'avenir, nous pouvons régler ce problème ensemble avec le soutien de tous les citoyens responsables », aurait-elle ajouté.
L'association des entreprises suisses d'électricité a applaudi la décision de procéder à un abandon progressif du nucléaire, plutôt qu'à un arrêt immédiat.
« Le maintien de ces centrales nous laisse du temps pour trouver des solutions et mettre en place des mesures plus efficaces », a-t-elle déclaré.
Le gouvernement a recommandé de fermer la centrale de Beznau I en 2019, puis celle de Beznau II et de Muehleberg en 2022, celle de Goegen en 2029 et celle de Leibstadt en 2034.
La Fondation suisse de l'énergie, une fondation privée qui promeut une meilleure efficacité énergétique, a affirmé que le parlement envoyait un signal fort aux entreprises et à la société.
Toutefois, la Fédération des entreprises suisses, EconomieSuisse, a critiqué le parlement pour avoir interdit la construction de nouvelles centrales nucléaires, qualifiant cette décision d'irresponsable. « Cette stratégie globale […] doit notamment établir les conséquences d'une sortie du nucléaire sur la sécurité de l'approvisionnement, l'économie, l'indépendance de la Suisse et l'environnement », peut-on lire dans un communiqué. (déjà traduit)
Les discussions sur l'énergie nucléaire continueront au nouveau parlement qui devrait se réunir pour la première fois en décembre suite aux élections du mois prochain.