Tusk prédit une « place en enfer » pour les Brexiteers invétérés

Les partisans du Brexit qui n’ont pas de plan pour la sortie britannique méritent une « place spéciale en enfer », a estimé le président du Conseil, Donald, Tusk le 6 février.

/ EURACTIV.com
Prime Minister of Ireland Leo Varadkar visit EU Institutions
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, aux côtés du Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, à l’occasion d’une conférence de presse après les négociations sur le Brexit à Bruxelles, le 6 février 2019. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET] [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Les partisans du Brexit qui n’ont pas de plan pour la sortie britannique méritent une « place spéciale en enfer », a estimé le président du Conseil, Donald, Tusk le 6 février.

« Je me demande à quoi ressemble cet endroit que l’enfer réserve à ceux qui ont défendu le Brexit sans même penser à ébaucher un plan de sortie », a déclaré Donald Tusk après une réunion avec le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, à Bruxelles.

Le président du Conseil a par ailleurs réitéré que l’accord de retrait n’était pas ouvert à la renégociation et a conclu qu’il n’y avait à présent « aucune force politique et aucun leadership efficace » pour ceux qui souhaitent rester dans l’Union. Car Jeremy Corbyn, dirigeant de l’opposition, et Theresa May sont tous les deux pro-Brexit.

« J’espère que demain la Première ministre britannique proposera une suggestion réaliste pour sortir de l’impasse causée par les derniers votes de la Chambre des communes. » Donald Tusk a également souligné que la question de la frontière irlandaise et le maintien de la paix restaient les grandes priorités de l’UE, qui est « avant tout un projet pour la paix ».

« Nous ne jouerons pas avec la paix et ne mettrons pas de date d’expiration à la réconciliation. C’est pour cela que nous insistions sur le filet de sécurité », a-t-il déclaré. « Donnez-nous des garanties pour la paix en Irlande du Nord et le Royaume-Uni quittera l’Union européenne en ami ».  « J’espère que le gouvernement britannique présentera des idées qui respecteront ce point et rassembleront une majorité stable et claire à la Chambre des communes. »

Avant ses propos véhéments, Donald Tusk avait adopté un ton plus doux, déclarant qu’il pensait « sincèrement qu’une solution commune était possible » et qu’il ferait « tout pour y arriver ». Le Premier ministre irlandais l’a averti que la presse britannique le fustigerait pour ses propos. « Je sais », a-t-il ri.

Sans surprise, les défenseurs du Brexit ont très mal réagi. « Cet homme n’a aucun savoir-vivre. C’est déplorable et absolument pas constructif », a déclaré Andrea Leeadsom, ministre d’État au cabinet de Theresa May et partisan du Brexit. Sammy Wilson, porte-parole du Brexit du parti unioniste démocrate a qualifié Donald Tusk d’« euro-maniaque démoniaque qui attise les flammes de la peur ».

Le bras droit de Theresa May, David Lidington, a pour sa part estimé que Donald Tusk avait « vidé son sac » et qu’il ne s’agissait pas « de la diplomatie la plus distinguée au monde ».

Theresa May se rendra à Bruxelles jeudi pour négocier avec les dirigeants européens après une visite de deux jours en Irlande du Nord. À l’issue d’un vote de la Chambre des communes la semaine dernière, la Première ministre britannique subit les pressions de son parti pour obtenir des changements juridiquement contraignants à l’égard du filet de sécurité.

La question de la frontière semble être le dernier point problématique qui empêcherait l’accord de retrait d’être voté à la majorité par le parlement britannique.

« Le filet de sécurité est le principal problème », a déclaré Arlene Foster, dirigeante du parti unioniste démocrate, ajoutant que l’accord de retrait était « biaisé » en ce sens qu’il « compromettrait l’intégrité économique et constitutionnelle du Royaume-Uni ».

Seulement 51 jours avant le départ du Royaume-Uni (le 29 mars), la porte-parole aux affaires étrangères du parti Labour, Emily Thornberry, a appelé le gouvernement à ajourner temporairement l’application de l’article 50 prévoyant la sortie de l’Union.