Spéculation autour de la candidature de Christine Lagarde au FMI

Le nom de la ministre de l’Économie française est de plus en plus cité pour succéder à Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI. Les Européens veulent éviter à tout prix de perdre le poste.

Le nom de la ministre de l’Économie française est de plus en plus cité pour succéder à Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI. Les Européens veulent éviter à tout prix de perdre le poste.

En démissionnant le 19 mai, Dominique Strauss Kahn a ouvert la voie à sa succession. Traditionnellement, les Américains occupent le poste de directeur général de la Banque Mondiale et les Européens celui du Fonds monétaire international (FMI). 

Le poids des 27

Avec l’émergence de nouveaux poids lourds de l’économie mondiale comme la Chine, l’Inde ou le Brésil, certains estiment que le siège doit revenir à un ressortissant de ces pays. Les noms de différentes personnalités circulent depuis une semaine. 
 
De leur côté, les Européens tentent de s’organiser en proposant un candidat unique. Ils misent sur le poids des 27 au sein de l’organisation. L’UE étant le premier contributeur. 
 
Silvio, Angela, Jean-Claude
 
Ces derniers jours, le nom de la ministre française de l’Économie semble être le plus souvent cité. Les soutiens viennent de toute part. 
 
Le président du conseil italien, Silvio Berlusconi, a jugé sa candidature « excellente ». Président de l’Eurogroupe et premier ministre luxembourgeois, Jean-Claure Juncker a déclaré sur les ondes d’Europe1 qu’elle était « une candidate idéale mais {que} nous n’en sommes pas là ».
 
La position allemande semble identique, ce qui serait un soutien de poids, l’Allemagne étant la première économie de la zone euro. Une source gouvernementale a expliqué que « la chancelière pense que Lagarde est une personnalité politique internationalement respectée avec laquelle le gouvernement allemand travaille bien (…). Mais aucune décision n’a été prise ». 
 
Tout en souhaitant que le directeur général du FMI reste un européen, la Commission européenne n’a pas encore exposé ses préférences. Les proches du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, ont quant à eux indiqué que la meilleure candidature pourrait être celle d’une « femme française ».
 
Le problème Tapie
 
Si Christine Lagarde semble faire l’unanimité à l’extérieur, son point faible pourrait venir de l’intérieur. Elle est impliquée dans une enquête pour « abus d’autorité » lancée contre elle par le procureur général de la Cour de cassation dans l’affaire Tapie.  
 
L’attribution de 285 millions d’euros d’argent public à cet homme d’affaires et ancien ministre socialiste devenu proche de Nicolas Sarkozy en compensation d’un manque à gagner présumé sur la revente d’Adidas est au coeur du problème. L’autorisation donnée par Christine Lagarde, à la suite d’une procédure d’arbitrage, est contestée. Les trois magistrats doivent rendre leur réponse à la mi-juin.
 
La France préfère donc rester évasive sur la candidature de sa ministre. Dans un communiqué, l’Elysée a toutefois souligné que « l’Union européenne (…) est en mesure de présenter une candidature de très grande qualité. L’Europe doit faire le choix de l’unité ».