Stratégie de Lisbonne : Verhofstadt plaide en faveur de l'introduction d'un "code européen de conver
Dans un entretien exclusif accordé à EURACTIV, le premier ministre belge, Guy Verhofstadt, estime que la mise en oeuvre de plans d'action au niveau national ne suffira pas à relancer la stratégie de Lisbonne. M. Verhofstadt réclame une stratégie européenne intégrée, directement supervisée par la Commission.
Dans un entretien exclusif accordé à EURACTIV, le premier ministre belge, Guy Verhofstadt, estime que la mise en oeuvre de plans d’action au niveau national ne suffira pas à relancer la stratégie de Lisbonne. M. Verhofstadt réclame une stratégie européenne intégrée, directement supervisée par la Commission.
M. Verhofstadt plaide notamment en faveur d’une stratégie européenne menée en parallèle des plans d’action nationaux préconisés par la Commission : « En s’appuyant exclusivement sur des plans d’actions nationaux entre lesquels s’instaurerait inévitablement une forme de concurrence, on risque de créer du dumping social et fiscal. »
Le premier ministre belge doute que la méthode ouverte de coordination soit réellement efficace, et qu’elle soit un instrument facilitant la réalisation des objectifs de Lisbonne. Cette méthode, estime-t-il, ne fonctionne qu’une fois par an, au moment de la publication d’un rapport ouvert aux contributions des responsables politiques européens. « La méthode ouverte de coordination à elle seule ne peut suffire », selon M. Verhofstadt, qui estime que l’euro fournit un excellent exemple d’une stratégie européenne appuyée sur une méthode efficace.
Le procédé consistant à « nommer et à blâmer » les Etats en fonction de leur niveau de performances ne trouve pas davantage grâce aux yeux de M. Verhofstadt. Celui-ci préfèrerait voir la Commission assumer un rôle moteur, ce qui impliquerait qu’elle puisse valider les mesures prévues par les Etats membres avant leur mise en oeuvre effective. »Si l’on se contente de plans d’action nationaux, on peut douter de l’importance du rôle de la Commission… ».
L’idée la plus originale du mémorandum du gouvernement belge réside dans la proposition d’instaurer un code de convergence au niveau européen, comprenant des valeurs minimales et maximales appliquées à certains indicateurs socio-économiques (notamment le degré de flexibilité du marché du travail et le niveau de la fiscalité des entreprises). Ce code laisserait d’importantes marges de manoeuvre politiques aux Etats membres, sa philosophie étant donc totalement différente de celle ayant inspiré le pacte de stabilité, souligne le premier ministre belge.
Le mémorandum présenté par M. Verhofstadt propose également un glissement massif de la fiscalité directe (notamment sur le travail) vers la fiscalité indirecte (taxes sur la consommation), évolution dans laquelle le chef du gouvernement voit une « possible réponse à l’énorme déficit commercial [de l’UE] avec un pays tel que la Chine ». En taxant l’ensemble des produits commercialisés sur le marché européen – y compris les produits importés de Chine, des Etats-Unis ou du Japon -, l’Union européenne obligerait ses concurrents mondiaux à « participer au financement du modèle social européen ». Interrogé sur les effets négatifs de la fiscalité indirecte en termes de redistribution des revenus, M. Verhofstadt renvoie à des études économiques récentes montrant que ces effets ont été largement surestimés.
Concernant la ratification de la Constitution dans les Etats membres de l’Union, M. Verhofstadt s’est refusé à évoquer un quelconque « Plan B » en cas victoire du « non » dans un grand pays tel que la France ou la Pologne, se contentant de souhaiter que le texte soit ratifié par l’ensemble des 25.
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