Tabagisme : nouvelle initiative citoyenne européenne pour une génération sans tabac d’ici 2030

Après avoir pris des mesures en vue de réduire la consommation de tabac dans l’UE dans le cadre du plan européen de lutte contre le cancer, la Commission a enregistré ce mercredi une nouvelle initiative citoyenne européenne sur ce même thème.

EURACTIV.com
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L’ICE « Appel à la création d’un environnement sans tabac et à la première génération européenne sans tabac d’ici 2030 » a pour objectif que la législation européenne empêche les jeunes générations de commencer à consommer du tabac tout en limitant les conséquences de celui-ci sur l’environnement. [<a href="http://www.epa.eu/health-photos/trials-preventative-medicine-photos/cigarette-plain-packaging-photos-50485432" target="_blank" rel="noopener">[Lukas Coch/EPA]</a>]

Après avoir pris des mesures en vue de réduire la consommation de tabac dans l’Union européenne dans le cadre du plan européen de lutte contre le cancer, la Commission a enregistré ce mercredi (24 août) une nouvelle initiative citoyenne européenne (ICE) sur ce même thème.

L’ICE s’intitule « Appel à la création d’un environnement sans tabac et à la première génération européenne sans tabac d’ici 2030 ». Ses initiateurs souhaitent que la législation européenne empêche les jeunes générations de commencer à consommer du tabac tout en limitant les conséquences de celui-ci sur l’environnement.

Dans la pratique, ils souhaitent « mettre fin à la vente de produits à base de tabac et de nicotine aux citoyens nés à partir de 2010 », créer un « réseau européen de parcs nationaux sans tabac ni mégots » et « éliminer la publicité pour le tabac et sa présence dans les productions audiovisuelles et sur les réseaux sociaux ».

Pour rappel, les ICE ont été introduites par le traité de Lisbonne. Une fois que la Commission a enregistré une ICE, les initiateurs doivent ensuite recueillir les signatures d’un million de citoyens ou plus provenant d’au moins sept États membres de l’UE.

Cette initiative sur le tabac pourrait susciter beaucoup d’intérêt, car la Commission a déjà exprimé des ambitions similaires dans son « Plan européen de lutte contre le cancer » en 2021, qui prévoit la création d’une « Europe sans tabac » où moins de 5 % de la population consommerait du tabac d’ici 2040.

« La consommation de tabac reste la principale cause de cancer qui pourrait être évitée, 27 % de tous les cancers étant attribués au tabagisme », indique la Commission dans son plan.

Les institutions européennes délaissent le tabac

Le 29 juin, la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a annoncé une proposition visant à interdire les produits du tabac chauffés aromatisés, en réponse à « l’augmentation significative des volumes de produits du tabac chauffés vendus à travers l’UE ».

« Neuf cancers du poumon sur dix étant imputables au tabac, nous voulons rendre le tabagisme aussi peu attrayant que possible pour protéger la santé de nos citoyens et sauver des vies », avait déclaré Mme Kyriakides en juin.

« Pour ce faire, il est essentiel de prendre des mesures plus fermes pour réduire la consommation de tabac, de faire respecter la législation de manière plus stricte et de suivre le rythme des nouveaux développements pour faire face au flux continu de nouveaux produits qui arrivent sur le marché — ce qui est particulièrement important pour protéger les jeunes. Il est toujours préférable de prévenir que de guérir », avait-elle précisé.

Le Parlement européen a également été actif dans la lutte contre le tabagisme, notamment grâce aux travaux de sa commission spéciale sur la lutte contre le cancer (BECA), qui a rendu son rapport final en février 2022.

Les eurodéputés y ont fait part de leur soutien à l’objectif d’une « génération sans tabac » ainsi que de leur intention de réviser la directive sur les produits du tabac, la directive sur la taxation des produits du tabac et le cadre juridique des achats transfrontaliers de tabac par des particuliers.

Ils demandent également davantage de clarté sur « les risques sanitaires liés aux cigarettes électroniques, aux produits du tabac chauffés et aux nouveaux produits du tabac, notamment l’évaluation des risques liés à l’utilisation de ces produits par rapport à la consommation d’autres produits du tabac ».

Des produits nocifs pour l’homme et la planète

Une nouvelle étude publiée vendredi dernier (19 août) dans la revue scientifique The Lancet révèle que la moitié des décès dus au cancer dans le monde sont attribuables à un facteur de risque donné, le tabac arrivant en tête de la liste de ces derniers.

Au printemps, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié des informations détaillées sur les effets néfastes du tabac sur la santé humaine et sur notre environnement, comme le mentionnent l’ICE récemment déposée et le rapport final de la BECA.

« L’impact du tabac sur l’environnement se produit à différents stades, à savoir la culture, la fabrication, la distribution, l’utilisation et l’élimination des produits du tabac », indique le rapport.

« Chacune de ces étapes a des répercussions négatives sur l’environnement, notamment l’utilisation de ressources précieuses comme l’eau et les arbres et la création de polluants lors de la fabrication », peut-on lire dans le rapport, qui souligne également que « la production et la consommation de tabac contribuent en outre au réchauffement climatique, en libérant 80 millions de tonnes de dioxyde de carbone dans l’environnement chaque année ».

Le rapport suggère entre autres la modification des politiques afin de faire davantage pression sur les producteurs de tabac, l’ajout de taxes environnementales sur le tabac et le traitement des filtres de cigarettes comme des plastiques à usage unique.