Tensions commerciales entre l’UE et la Chine
Pékin menace Airbus de représailles si l’UE maintient son projet actuel de droits à polluer pour l’aviation. Un avertissement supplémentaire qui reflète les désaccords commerciaux grandissants entre Européens et Chinois.
Pékin menace Airbus de représailles si l’UE maintient son projet actuel de droits à polluer pour l’aviation. Un avertissement supplémentaire qui reflète les désaccords commerciaux grandissants entre Européens et Chinois.
Pas question pour les compagnies aériennes chinoises de participer au système ETS (Emissions Trading Scheme). Le message délivré par Pékin, vendredi 20 mai, est tout sauf ambigu. A partir du 1er janvier 2012, l’aviation devra respecter les règles du marché du carbone européen. Les avions chinois atterrissants ou décollants à l’intérieur des frontières de l’UE seront donc soumis à un « permis de polluer ».
Une première
Le coût pour les entreprises chinoises est estimé à 87 millions d’euros la première année. La Chine a menacé de mesures de rétorsion à l’encontre du constructeur Airbus, numéro un mondial en perpétuel concurrence avec son rival américain Boeing.
Cette offensive verbale est à remettre dans un contexte de plus en plus tendu entre l’UE et la nouvelle puissance mondiale. Le 14 mai dernier, Bruxelles a pris une décision historique. Pour la première fois, la Commission a décidé de sanctionner un produit chinois – le papier glacé – en lui imposant une majoration de droits douanes.
Punition de cinq ans
Après enquête (commencée en février 2010), elle a jugé que les autorités chinoises subventionnaient ce produit de façon détournée, faussant ainsi la concurrence.
« C’est la première fois que nous avons mis en place des mesures contre les subventions (…) du gouvernement chinois. Ces subventions ne sont pas en conformité avec les obligations que la Chine a signé lors de son adhésion en 2001 à l’Organisation mondiale du commerce. Ces mesures permettront de rétablir des conditions de commerce équitables et efficaces », a déclaré John Clancy, porte-parole européen au commerce.
Les sanctions sont valables cinq ans.
Réaction chinoise
Les officiels chinois assurent que cela n’a rien à voir. Mais le pays vient de son côté d’annoncer une taxation supplémentaire (allant de 7,7 à 11,9%) sur les importations européennes d’amidon de pommes de terre. L’argumentaire de Pékin est le même : les Européens accorderaient des aides à ce secteur.