Tensions entre le ministre néerlandais des Affaires étrangères et son homologue chinois
Le rapport annuel des Pays-Bas sur la sécurité, dans lequel la Chine est qualifiée de « plus grande menace » pour la sécurité du pays, a été vivement critiqué par le ministre chinois des Affaires étrangères.
Le rapport annuel des Pays-Bas pour 2022 sur la sécurité, dans lequel la Chine est qualifiée de « plus grande menace » pour la sécurité du pays, a été vivement critiqué par le ministre chinois des Affaires étrangères, Qin Gang. Lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue néerlandais, Wopke Hoekstra (CDA, Parti populaire européen), qui s’est tenue à Pékin mardi (23 mai), il a déclaré que ces allégations étaient « inventées ».
En avril, le Service général de Renseignement et de Sécurité néerlandais (AIVD) a publié son rapport annuel sur la sécurité nationale pour 2022, dans lequel il indique que la Chine représente une menace, en particulier dans le domaine de la technologie des semi-conducteurs. Ce rapport a suscité de vives critiques de la part des autorités chinoises, qui ont accusé les Néerlandais de faire preuve d’une « mentalité de Guerre froide ».
« Si nous représentons la plus grande menace pour la sécurité économique, comment pouvons-nous être le plus grand partenaire commercial des Pays-Bas en dehors de l’UE ? Selon De Telegraaf, c’est contradictoire », a déclaré le ministre chinois lors de la conférence de presse.
Qin Gang n’a pas non plus épargné les services secrets néerlandais. À leur propos, il a déclaré : « ils sont assis dans des salles obscures et ne peuvent être contrôlés ».
« Comme la Chine, nous avons la responsabilité de protéger notre sécurité nationale », a rétorqué M. Hoekstra, en faisant référence aux cyberattaques chinoises et aux postes de police sur le sol néerlandais.
Au début de l’année, sous la pression du Japon et des États-Unis, le gouvernement néerlandais a introduit des contrôles pour les exportations sur des technologies cruciales pour la fabrication de semi-conducteurs, une décision critiquée par la Chine.
À l’époque, la ministre néerlandaise du Commerce extérieur et de la Coopération au développement, Liesje Schreinemacher (VVD, Renew Europe), avait alors expliqué que les restrictions avaient été introduites parce que le pays craignait que sa technologie ne soit utilisée pour fabriquer des biens à usage militaire ainsi que parce que les Pays-Bas souhaitaient réduire leurs dépendances stratégiques et maintenir leur leadership technologique.
Les deux ministres des Affaires étrangères ont également fait part de leurs divergences d’opinion concernant la guerre en Ukraine. Alors que Qin Gang a souligné qu’« un cessez-le-feu est dans l’intérêt de tous », M. Hoekstra a réaffirmé le soutien néerlandais et européen à la partie ukrainienne, déclarant que « les Pays-Bas et l’UE sont aux côtés de l’Ukraine », rapporte RTL Nieuws.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]