Terres rares et simplification administrative au centre du projet d'accord entre l'UE et le Japon
La coopération pourrait s'étendre à la défense, selon un projet d'accord consulté par Euractiv.
La sécurisation de l’approvisionnement de l’Union européenne (UE) et du Japon en matières premières stratégiques et le renforcement des liens entre les entreprises des deux blocs devraient constituer l’épine dorsale de la nouvelle « alliance pour la compétitivité UE-Japon », selon un projet de communiqué du sommet consulté par Euractiv.
Le projet d’accord, consulté pour la première fois par l’hebdomadaire japonais Nikkei, acte un renforcement de la coopération entre l’UE et le Japon dans les domaines de la sécurité économique, de la politique industrielle et de la résilience des chaînes d’approvisionnement.
L’initiative devrait être lancée lors de la rencontre qui se tient mercredi à Tokyo entre les dirigeants européens et japonais.
« Les deux parties accéléreront leurs efforts conjoints pour surveiller et renforcer les chaînes d’approvisionnement dans les secteurs stratégiques et identifier les biens et secteurs stratégiques pour une coopération plus approfondie dans le cadre du dialogue économique de haut niveau élargi », indique le dernier projet de texte du sommet.
La coopération initiale se concentrera sur les matières premières essentielles et les chaînes de valeur des batteries, en particulier pour les technologies propres et les industries numériques, mais elle « pourrait s’étendre à d’autres secteurs à l’avenir », devraient déclarer les deux parties.
Un nouveau dialogue « économique deux plus deux » réunira les ministres japonais des Affaires étrangères et de l’Économie avec le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, et le responsable de l’industrie, Stéphane Séjourné, ont confirmé des responsables des deux blocs à Euractiv.
Si le communiqué du sommet évoque des préoccupations concernant la « coercition économique » et les « pratiques non commerciales », il évite soigneusement de nommer la Chine. Toutefois, des responsables politiques européens et japonais ont reconnu en privé que la nouvelle alliance visait à réduire les dépendances stratégiques vis-à-vis de Pékin et de d’autres fournisseurs.
Les États-Unis ne sont pas non plus mentionnés, alors même que Washington menace d’imposer des droits de douane au Japon et à l’UE à compter du 1er août. Les dirigeants des deux signataires s’engagent simplement à « continuer à contribuer au maintien et au renforcement d’un ordre économique libre, équitable, stable et prévisible, fondé sur des règles ».
Le pacte comprend des engagements visant à approfondir la coopération entre les secteurs public et privé, notamment par le biais de tables rondes et de plateformes industrielles dédiées. Les responsables économiques japonais restent toutefois prudents, estimant que les lourdeurs administratives continuent de ralentir les projets communs et d’entraver l’harmonisation réglementaire.
Le projet de communiqué propose également le lancement d’un « dialogue entre le Japon et l’UE sur l’industrie de la défense », afin de promouvoir la collaboration dans le domaine des technologies de pointe et à double usage, établissant ainsi pour la première fois un lien explicite entre la coopération économique et la coopération en matière de sécurité.
Le Japon, qui a signé un pacte de sécurité bilatéral avec l’UE l’année dernière, envisage désormais d’accéder au futur fonds de défense SAFE de l’Union, bien qu’aucun calendrier officiel n’ait encore été confirmé.