Traicho Traykov : « Mieux vaux une économie souterraine que pas d'économie du tout »
Le ministre bulgare de l'économie, Traicho Traykov, a déclaré publiquement à la télévision que pour son pays, il était « mieux d'avoir une économie souterraine que pas d'économie du tout ». Ce commentaire a suscité l'étonnement à travers le pays, non pas pour sa substance mais bien pour le fait qu'il soit prononcé par un ministre du gouvernement. Un reportage de Dnevnik, le partenaire d'EURACTIV en Bulgarie.
Le ministre bulgare de l'économie, Traicho Traykov, a déclaré publiquement à la télévision que pour son pays, il était « mieux d'avoir une économie souterraine que pas d'économie du tout ». Ce commentaire a suscité l'étonnement à travers le pays, non pas pour sa substance mais bien pour le fait qu'il soit prononcé par un ministre du gouvernement. Un reportage de Dnevnik, le partenaire d'EURACTIV en Bulgarie.
S’exprimant sur la chaîne nationale bTV, M. Traykov, qui est également ministre de l’énergie, a déclaré : « souterraine ou non, l’économie existe et elle crée un produit intérieur brut ».
Il avait initialement été demandé au ministre de commenter une récente recherche menée par l’Association du capital industriel de Bulgarie, une organisation d’employeurs, selon laquelle plus de 40 % de l’économie bulgare dépendait du marché noir.
En Bulgarie, l’« économie souterraine » est appelée « économie grise », un euphémisme qui indique une certaine tolérance vis-à-vis du phénomène. En effet, de nombreux étrangers qui connaissent bien la Bulgarie se demandent comment des gens touchant un salaire moyen de 300 euros par mois, le plus bas de l’UE, mènent souvent un style de vie somptueux.
M. Traykov a affirmé que les chiffres de cette étude étaient exagérés. Il a ajouté que selon les estimations du gouvernement, l’économie souterraine représentait environ 25 à 30 % du PIB.
Le ministre a également dit que l’économie souterraine reposait sur la fraude fiscale, l’évasion fiscale, la manipulation de la comptabilité et la contrebande. En effet, de nombreux scandales récents en Bulgarie, dont aucun n’a mené à des peines, étaient liés au système de douanes du pays.
Dans l’un de ces scandales, Boyko Borissov, le premier ministre, s’est fait prendre à parler de « protéger » un homme d’affaire controversé des contrôles douaniers.
Les déclarations de M. Traykov ont déclenché une vague de commentaires. Sur le site web de Dnevnik, 242 personnes avaient commenté l’article six heures après sa publication. Personne n’a semblé surpris par les chiffres, et certains lecteurs ont félicité M. Traykov d’avoir eu le courage de dire tout haut ce que tout le monde pensait déjà tout bas. Cependant, d’autres ont considéré qu’il était inapproprié pour un ministre du gouvernement d’apparaître aussi laxiste quant à l’économie souterraine.
Dnevnik écrit dans la même édition que selon l’Institut statistique national du pays, au cours des deux dernières années, le nombre de personnes payant les contributions à la sécurité sociale avait baissé de 260 000.
Pendant les années de transition qui ont suivi la chute du communisme, les Bulgares ont longtemps évité de payer les contributions sociales. La tendance s’est récemment inversée mais les résultats du Bureau des statistiques semblent indiquer un retour aux anciennes pratiques.
Le Bureau révèle que le nombre de personnes employées est en déclin, ce qui semble confirmer les résultats d’un récent recensement indiquant une baisse alarmante de la population, en grande partie du fait du taux élevé d’immigration.
Le nombre d’employés en Bulgarie a diminué de 64 000 personnes lors du premier semestre de 2010, révèle l’institut.