Trois régions se frottent aux outils européens d'aide aux PME
Le Languedoc-Roussillon a été la première région à essuyer les plâtres du programme "Jeremie", qui peut transformer les fonds structurels en prêts, prises de participation ou garanties. L'Auvergne et Provence-Alpes-Côte d'Azur lui ont emboîté le pas.
Le Languedoc-Roussillon a été la première région à essuyer les plâtres du programme « Jeremie », qui peut transformer les fonds structurels en prêts, prises de participation ou garanties. L’Auvergne et Provence-Alpes-Côte d’Azur lui ont emboîté le pas.
Précurseur, la région Languedoc-Roussillon est la première d’Europe à s’être aventurée sur le terrain du programme « Jeremie » (Joint European Resources for Micro to medium Enterprises) dès 2008.
Contrairement à l’Auvergne, qui trouvait le service rendu trop coûteux, le territoire languedocien a choisi de s’en remettre au Fonds européen d’investissement, installé à Luxembourg, pour s’occuper de la gestion quotidienne de l’outil.
Au-delà du capital-risque et des prêts aux jeunes pousses, la Région étend également sa force de frappe aux garanties, que sa voisine auvergnate n’a pas souhaité mettre en oeuvre via Jeremie.
Avec une manne de 30 millions d’euros (15 millions de Feder, 15 millions de la Région), le territoire détient le plus gros fonds Jeremie de l’Hexagone, mais celui-ci reste sans commune mesure avec son équivalent andalou (235 millions d’euros) ou du Nord-Ouest de l’Angleterre (210 millions d’euros).
Cette démarche est peu à peu acceptée par les régions françaises. En Auvergne, une convention quadripartite unit le Conseil régional, la préfecture et la Chambre de commerce à Sofimac, spécialiste du capital investissement implanté à Clermont-Ferrand.
Parade
Lancé en 2009, le fonds Jeremie a, dans cette région, une capacité de 25 millions d’euros (dont 18 proviennent des fonds européens). Le but de l’opération est d’octroyer des prêts d’honneur à 0% aux PME prometteuses et de renforcer leurs fonds propres en leur fournissant par exemple des obligations convertibles en actions. 215 entreprises de la région ont pu être accompagnées par ce biais, avec un taux d’échec très bas : seul 0,60% des prêts n’ont pas été remboursés.
Hésitations sur le gestionnaire du programme, attente de la publication des règles européennes sur le capital-investissement… Le dispositif auvergnat a tout de même mis deux ans à voir le jour. Plusieurs obstacles ont retardé le coup d’envoi d’un processus aussi complexe que novateur : « Personne ne savait rien sur tout », ironise l’un des artisans du projet.
Une initiative est aussi née en Provence-Alpes-Côte d’Azur : avec 20 millions d’euros de garanties, dont la moitié provient de l’UE, la région espère déclencher une vague de prêts de l’ordre de 111 millions d’euros au profit des PME locales.
Une intention peut d’ailleurs en cacher une autre : en plaçant 10 millions d’euros de Feder dans ce fonds, la région a évité « le dégagement d’office », relève un expert. En clair, le non-versement de l’argent européen qui vient sanctionner une gestion hasardeuse et trop lente des fonds structurels.
La Commission européenne n’est pas dupe : elle pourrait resserrer ses contrôles dès 2014 pour éviter ce genre de parade.