Londres accusée de minimiser la fraude dans l’aide au développement

L’organe de contrôle financier du parlement britannique a réfuté le taux de fraude affectant l’aide étrangère déclaré par le gouvernement, le jugeant invraisemblable.

The Guardian
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L’organe de contrôle financier du parlement britannique a réfuté le taux de fraude affectant l’aide étrangère déclaré par le gouvernement, le jugeant invraisemblable.

Le comité des comptes publics, organe de contrôle financier du parlement britannique, a mis en cause les chiffres officiels concernant la corruption à l’étranger affectant l’aide du département du Développement étranger après une augmentation de plus de 25 % de son budget, qui atteint à présent 11,8 milliards d’euros, depuis 2011.

Les élus ont également prévenu que les activités de lutte contre la fraude menées par le Bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth (FCO) et le Conseil britannique « ne correspondent pas encore au risque » pesant sur l’aide au développement.

Leur rapport sera sans aucun doute utilisé par les députés conservateurs, qui tentent de convaincre la Première ministre d’abandonner l’objectif d’allouer 0,7 % du PIB à l’aide au développement. La semaine dernière, Theresa May a assuré qu’elle conserverait cet objectif.

Taux de fraude

Le rapport, publié le 25 avril, remet en question les estimations officielles de la fraude : « le taux de fraude annoncé pour les dépenses du département du Développement international, du FCO et du Conseil britanniques ne semblent pas crédibles, étant donné les risques existants à l’étranger ».

« L’augmentation considérable des dépenses à l’étranger, associée à la nécessité d’allouer la moitié du budget dans certains des États les plus corrompus au moins, ont intensifié le risque de fraude », continuent ses auteurs.

Le ministère des Affaires étrangères, qui dispose d’un budget de 2,2 milliards d’euros, et le Conseil britannique, dont les revenus s’élèvent à 1,2 milliards d’euros, n’ont en effet respectivement déclaré que 18 900 et 41 400 euros perdus ou détournés.

« En 2015-2016, le département du Développement international déclare n’avoir enregistré de pertes due à la fraude qu’à hauteur de 0,03 % de son budget, un chiffre considérablement moins élevé que ceux déclaré par d’autres départements opérant au sein du Royaume-Uni, comme le ministère du Travail et des pensions et le département des douanes et taxes, qui ont respectivement déclaré un taux de fraude de 0,7 % et 3 % », fait remarquer le rapport.

Le comité a donc appelé les trois organes concernés à indiquer aux députés comment ils comptaient améliorer leurs estimations dans les six mois à venir.

« Le FCO et le Conseil britannique devraient apprendre de l’expérience du département du Développement international dans la lutte contre la fraude. Par exemple en évaluant l’ampleur de la situation, en suivant les allégations de fraude et en incluant des clauses d’information obligatoire sur les fraudes dans ses contrats et accords de financement », ajoutent les élus.

Le ministère lui-même devrait évaluer plus sérieusement l’impact des mesures anti-fraude mises en place par ses partenaires. Des mesures ont en effet été mises en place auprès des partenaires gouvernementaux, mais pas encore des ONG.