Ukraine : la France prête à former des pilotes « dès maintenant »
Le président français a annoncé lundi soir que la France « a ouvert la porte pour former des pilotes » ukrainiens, ce qui pourrait être une première étape avant une livraison d’avions de combat, selon des spécialistes.
Le président français a annoncé lundi (15 mai) que la France « a ouvert la porte pour former des pilotes » ukrainiens, ce qui pourrait être une première étape avant une livraison d’avions de combat, selon des spécialistes.
Lundi soir (15 mai), lors d’une interview accordée à la chaîne TF1, le président français Emmanuel Macron a indiqué que la France souhaitait « aider l’Ukraine à résister, à organiser, au moment où elle le choisira, une contre-offensive » contre la Russie.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky demande depuis plusieurs semaines des livraisons d’avions de combat et a insisté sur ce point lors de ses passages à Rome, Paris et Berlin, samedi et dimanche 13 et 14 mai. M. Macron a d’abord confirmé que la France livrerait à l’Ukraine de nouvelles munitions et formerait des bataillons qui seront engagés dans cette contre-offensive.
Cela doit servir à « ramener tout le monde à la table des négociations et dans des conditions que [l’Ukraine] aura choisies et bâtir une paix durable pour elle », a précisé Emmanuel Macron. « Le succès de cette contre-offensive est déterminant » pour cette paix, selon le président français.
Des formations « dès maintenant »
Ensuite, le président a annoncé que l’armée française était prête à former des pilotes ukrainiens. De telles formations sont possibles « dès maintenant » et pourront se faire conjointement avec d’autres pays européens et peut-être avec les Américains, a-t-il ajouté.
Même s’« il n’y a pas de tabou », le chef de l’État a expliqué que parler de livraisons d’avions de chasse « serait un débat théorique ».
En effet, selon l’ancien chef d’état-major de l’Armée de l’air française, le général Jean-Paul Palomeros interrogé sur LCI après l’interview du président, la formation fait partie des « préalables » à une éventuelle livraison d’avions de chasse.
Or, juge-t-il, la construction d’une aviation de combat peut prendre du temps, bien que les Ukrainiens « méritent d’avoir des moyens modernes pour prendre l’ascendant » sur la Russie. Dans le cas de pilotes déjà expérimentés, leur formation à des avions de chasse occidentaux peut prendre plusieurs mois, ajoute le général.
Pour rappel, en matière d’aviation, le président ukrainien demande notamment des avions de chasse F16 dont la France ne dispose pas, puisqu’elle a des Rafales et des Mirages.
Le président a d’ailleurs rappelé la doctrine française, consistant à ne pas livrer d’armes « qui permettent d’atteindre le sol russe » et qui affaibliraient la capacité de la France à se défendre elle-même. En revanche, lorsqu’il a été question de livrer des chars, « on a été ceux qui déclenchaient un mouvement plus large », note M. Macron.
Efforts conjoints avec les Britanniques
Lundi, les services du Premier ministre britannique Rishi Sunak ont également indiqué, par communiqué, que les Britanniques allaient commencer des formations « cet été », « afin de fournir aux Ukrainiens des compétences de pilotage ».
« Cette formation va de pair avec les efforts déployés par le Royaume-Uni pour collaborer avec d’autres pays en vue de fournir des F16, les avions de combat de prédilection de l’Ukraine », a ajouté le 10 Downing Street.
Comme depuis le début de la guerre, le président français et ses services n’ont pas donné de détails sur les réponses données au président Zelensky, ni sur les montants que ces livraisons représentent, afin de ne pas donner d’indices à la Russie.