Ukraine-Russie : Robert Fico accuse l’UE d’être un « cabinet de guerre »

Le Premier ministre slovaque Robert Fico a affirmé que l’Union européenne avait agi comme un « cabinet de guerre » dans le conflit qui oppose la Russie et l’Ukraine. Il a également remis en cause la responsabilité de Moscou dans le massacre de Boutcha.

EURACTIV Slovaquie
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Le Premier ministre slovaque, Robert Fico. [Shutterstock/Alexandros Michailidis]

En amont du sommet du Conseil européen de cette semaine (17-18 octobre), le Premier ministre slovaque Robert Fico a affirmé que l’Union européenne (UE) avait agi comme un « cabinet de guerre » dans le conflit qui oppose la Russie et l’Ukraine. Il a également remis en cause la responsabilité de Moscou dans le massacre de Boutcha.

Juste avant de se rendre à Bruxelles pour le sommet de jeudi et vendredi (17-18 octobre), Robert Fico (SMER – social-démocratie) a critiqué l’UE pour son aide militaire à l’Ukraine, et a regretté que « l’UE, qui est un projet de paix, agisse comme un cabinet militaire ».

« Tout ce dont nous parlons au Conseil, ce sont les munitions et les roquettes destinées à l’Ukraine ou le nombre de Russes à tuer », a déploré le Premier ministre lors d’une réunion de la commission des Affaires européennes du parlement slovaque mercredi 16 octobre.

Il a aussi annoncé son intention de se rendre à Moscou en mai prochain pour commémorer la fin de la Seconde Guerre mondiale, ajoutant qu’il était « un fervent partisan du rétablissement des relations » avec la Russie.

Selon lui, l’opposition slovaque devrait également cesser de comparer la Russie à l’Union soviétique ou à l’Allemagne nazie.

Le massacre de Boutcha

Robert Fico est également revenu sur le massacre de Boutcha en déclarant : « Nous n’avons pas suffisamment de preuves pour condamner qui que ce soit ».

Pour rappel, entre février et mars 2022, Boutcha a été occupée par les forces russes. Après le retrait de la Russie de la région, les images de plus de 450 civils, dont beaucoup gisaient dans les rues ou étaient enterrés dans des fosses communes, ont été diffusées dans les médias et ont choqué le monde entier.

Le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a documenté les exécutions illégales, y compris les exécutions sommaires, perpétrées par les troupes russes.

La Russie nie toute responsabilité, ce que démentent les survivants ainsi que divers groupes d’enquête et médias, dont Bellingcat, le NYT et la BBC.

Efforts de paix

Robert Fico a également déclaré qu’« il est fort probable que la guerre en Ukraine prenne fin très bientôt », sans toutefois étayer ses allégations.

« Je m’attends à des précisions demain, étant donné que la question de l’invitation de l’Ukraine à rejoindre l’OTAN est soudainement soulevée », a-t-il expliqué, faisant référence au « plan de paix » du président ukrainien Volodymyr Zelensky, que ce dernier a été invité à dévoiler aux dirigeants de l’UE jeudi.

Il a toutefois laissé entendre qu’une invitation à rejoindre l’alliance militaire ne serait pas « gratuite » et que « l’Ukraine devrait accepter un accord négocié par les superpuissances ».

Il a ajouté qu’il était important de soutenir tout plan de paix à venir, qu’il soit proposé par l’Ukraine, la Chine ou d’autres.

Volte-face de l’Occident

Robert Fico a également affirmé que l’Ukraine était « déjà disposée à signer des traités de paix » dans les premiers mois de la guerre.

« Mais ensuite, les dirigeants occidentaux sont arrivés et ont dit : “Non. Utilisons la guerre en Ukraine pour humilier la Russie.” Malheureusement, cela ne s’est pas produit », a ajouté le Premier ministre, sans fournir de preuve.

Tout en réaffirmant que l’invasion russe était une « violation du droit international » et que « les frontières ne peuvent être modifiées par la force militaire », Robert Fico a affirmé qu’il était irréaliste d’attendre de la Russie qu’elle se retire de la Crimée et de la région du Donbass.

Le dirigeant du SMER a également confirmé que la Slovaquie soutenait l’adhésion de l’Ukraine à l’UE, mais a rejeté l’idée que les députés de son parti voteraient en faveur de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.

Après les élections législatives de l’année dernière, qui ont vu Robert Fico revenir au pouvoir, la Slovaquie est de plus en plus impliquée dans des controverses liées à la sympathie apparente du gouvernement à l’égard du Kremlin.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]