Un accord sur un nouveau gazoduc russe brise l'unité de l'UE [FR]

Le 23 juin 2007, le géant italien du gaz Eni, et Gazprom de Russie ont accepté de coopérer sur un nouveau gazoduc qui intensifiera les flux de gaz naturel russe vers les marchés européens. L'accord traduit pour beaucoup la dépendance croissante de l'UE vis-à-vis du gaz russe, et semble aller à l'encontre des efforts européens visant à "s'exprimer d'une seule voix" sur la scène mondiale en matière d'énergie.

Le 23 juin 2007, le géant italien du gaz Eni, et Gazprom de Russie ont accepté de coopérer sur un nouveau gazoduc qui intensifiera les flux de gaz naturel russe vers les marchés européens. L’accord traduit pour beaucoup la dépendance croissante de l’UE vis-à-vis du gaz russe, et semble aller à l’encontre des efforts européens visant à « s’exprimer d’une seule voix » sur la scène mondiale en matière d’énergie.

  • South Stream

S’il est approuvé par les régulateurs des deux parties, le nouveau gazoduc, connu sous le nom de « South Stream », traversera la mer Noire et la Bulgarie, acheminant chaque année 30 millions de mètres cubes de gaz vers les marchés européens.

  • Bonne nouvelle pour l’Europe?

Le ministre italien de l’industrie, Pierluigi Bersani, considère South Stream comme « un accord entre la Russie et l’Europe » qui renforcera la sécurité énergétique de l’Europe. 

D’autres, en revanche, craignent que la Russie ne finisse par abuser de la situation de dépendance de l’UE vis-à-vis de son gaz naturel pour des raisons politiques, en particulier depuis que la Russie a réduit son approvisionnement de gaz destiné à l’Ukraine en janvier 2006 (EURACTIV 11/01/06). 

  • Le projet Nabucco et la stratégie de la mer Noire

En vue de diversifier son offre, l’UE a soutenu la création de plusieurs nouveaux gazoducs, comme le projet Nabucco le long du littoral caspien (EURACTIV 27/06/07). L’UE a également lancé une stratégie « synergie de la mer Noire » destinée en partie à développer la coopération entre les pays de la région (EURACTIV 11/04/07).

Cependant l’accord South Stream pourrait entrer en conflit avec les efforts de l’UE, étant donné qu’il est très peu probable que Gazprom investisse aujourd’hui dans le projet Nabucco et South Stream, qui traverse la mer Noire, n’a pas été conclu dans le cadre de la stratégie européenne.

  • Eni bat la concurrence

Alors que les avantages pour l’Europe dans sa globalité restent incertains, l’accord constitue une victoire certaine pour un le géant italien du gaz.

Eni est le plus grand client de Gazprom et la plus grande entreprise de gaz européenne en termes de ventes. A l’inverse de BP et de Shell, qui ont été contraints de vendre d’importants actifs russes à Gazprom, dans le cadre de l’accord South Stream, Eni sera certainement autorisé à garder un grand nombre d’actifs récemment acquis en Russie. 

Eni a également offert à Gazprom des garanties de contrats d’approvisionnement jusqu’à 2035, ainsi qu’un large accès au marché italien.