Un an de guerre en Ukraine : l’ONU votera une résolution demandant une « paix juste et durable »
À l’occasion du triste anniversaire du début de l’invasion russe en Ukraine, l’Assemblée générale des Nations unies (ONU) doit se prononcer ce jeudi sur une résolution appelant au retrait inconditionnel des troupes russes d’Ukraine.
À l’occasion du triste anniversaire du début de l’invasion russe en Ukraine, l’Assemblée générale des Nations unies (ONU), qui compte 193 membres, doit se prononcer ce jeudi (23 février) sur une résolution appelant au retrait inconditionnel des troupes russes d’Ukraine.
Au début de la session, mercredi (22 février), le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a dénoncé les actions de Moscou comme une « un affront à notre conscience collective ».
Parallèlement, il a mis en garde contre une nouvelle escalade de la guerre, évoquant des « menaces indirectes » d’utilisation d’armes nucléaires et des actions militaires « irresponsables » à proximité de centrales nucléaires.
« Il est grand temps de nous éloigner du gouffre », a déclaré António Guterres.
La ligne de fracture
Alors que les affrontements se poursuivent en Ukraine, l’Assemblée a débattu d’une motion soutenue par Kiev et ses alliés appelant à une « paix juste et durable ».
La Russie ne possède pas de droit de veto à l’Assemblée générale des Nations unies, contrairement au Conseil de sécurité. Depuis que Moscou a envahi l’Ukraine en février dernier, l’Assemblée a adopté une série de résolutions non contraignantes au regard du droit international condamnant la guerre.
En mars dernier, 141 des 193 États membres de l’ONU ont voté en faveur d’une résolution appelant la Russie à se retirer « immédiatement » du territoire ukrainien. En avril, l’Assemblée a décidé, à une majorité beaucoup plus serrée de 93 voix, de suspendre la participation de la Russie au Conseil des droits de l’homme (CDH) des Nations unies basé à Genève.
En octobre, 143 États membres ont condamné les « annexions illégales » par la Russie des régions ukrainiennes de Louhansk, Donetsk, Kherson et Zaporijjia.
Kiev et ses alliés espèrent à présent qu’une grande majorité des membres de l’ONU soutiendront cette nouvelle résolution non contraignante, afin de démontrer que l’Ukraine bénéficie du soutien de la communauté internationale. C’est également la raison pour laquelle le libellé du projet est moins précis que ce que l’Ukraine avait initialement souhaité.
Environ 60 pays ont parrainé la résolution, qui souligne « la nécessité de parvenir, dès que possible, à une paix globale, juste et durable en Ukraine, conformément aux principes de la Charte des Nations unies ».
Le projet de résolution réaffirme par ailleurs « l’engagement de l’ONU en faveur de la souveraineté, de l’indépendance, de l’unité et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine » et appelle à une cessation immédiate des hostilités.
Dans ce projet, il est également demandé au Kremlin de « retirer immédiatement, entièrement et de manière inconditionnelle toutes ses forces armées du territoire ukrainien ».
« Jamais dans l’histoire, la ligne de fracture entre le bien et le mal n’a été aussi claire : un pays veut simplement survivre, l’autre veut tuer et détruire », a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, devant l’Assemblée.
Lors du débat de mercredi, Vasily Nebenzya, l’ambassadeur russe à l’ONU, a réitéré les propos accusateurs de Moscou envers l’Occident, évoqués quelques jours plus tôt par le président russe Vladimir Poutine.
« Ils [l’Occident] sont prêts à plonger le monde entier dans l’abîme de la guerre », a déclaré M. Nebenzya, qualifiant à nouveau l’Ukraine de « néo-fasciste ».
Une guerre « illégale »
Le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, a vivement rejeté ces affirmations. « Ce conflit n’est pas une question “de l’Occident contre la Russie”. Non, cette guerre illégale concerne tout le monde : le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest — le monde entier. »
« Si nous ne condamnons pas et ne mettons pas fin aux actions de la Russie en Ukraine aujourd’hui, cela augmentera le risque pour tout autre pays, ailleurs dans le monde, de faire face à une agression similaire », a déclaré M. Borrell à l’Assemblée.
La Chine, l’Inde et plus de 30 autres pays se sont abstenus lors de précédents votes de l’ONU pour soutenir l’Ukraine.
Si la guerre de la Russie en Ukraine a uni l’Occident, elle a également révélé une fragmentation de l’ordre mondial, avec un clivage croissant entre l’Occident et le reste du monde, comme l’indique un récent sondage.
Plus de 80 pays doivent s’adresser à l’Assemblée, où devrait être voté le projet de résolution sur l’Ukraine jeudi ou vendredi.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]