Un cadeau empoisonné ? Viktor Orbán tresse les louanges de Bruno Retailleau

Le Premier ministre hongrois d’extrême droite Viktor Orbán a fait l’éloge du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et de son discours en matière de politique migratoire.

EURACTIV.com
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Le chef du groupe parlementaire 'Les Républicains', le sénateur Bruno Retailleau, s'exprime lors de l'audition des candidats aux élections législatives organisée par le Medef, à Paris, France, le 20 juin 2024. [EPA-EFE/TERESA SUAREZ]

Le Premier ministre hongrois d’extrême droite Viktor Orbán a fait l’éloge, mardi 8 octobre, du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et de son discours en matière de politique migratoire.

Alors que Viktor Orbán critiquait le bilan de la Commission européenne en matière d’immigration mardi, il a contre toute attente fait part de son approbation à l’égard de Bruno Retailleau.

« J’ai beaucoup de respect pour lui », a-t-il déclaré.

Le clin d’œil était si furtif qu’il aurait presque pu passer inaperçu. Mais les « efforts » du ministre français, connu pour ses prises de position très fortes contre l’immigration — qu’il estime n’être « pas une chance » pour la France — ne sont vraisemblablement pas passés inaperçus aux yeux du Premier ministre hongrois.

Lors d’une conférence de presse à Strasbourg, Viktor Orbán a déploré que l’UE « n’ait pas de politique migratoire commune efficace », ce qui obligerait, selon lui, les États membres à prendre des mesures individuelles.

Il a notamment cité l’Autriche, l’Allemagne, la Suède — avant de faire un clin d’œil à Bruno Retailleau.

Depuis sa prise de poste le 21 septembre, le ministre n’a eu de cesse de mettre en exergue une politique migratoire particulièrement ferme, et s’est engagé à poursuivre ce combat à Bruxelles.

Pas plus tard que la semaine dernière, Bruno Retailleau s’en était pris à l’État de droit, arguant qu’il n’était « ni intangible ni sacré ».

Il doit assister à un Conseil « Justice et Affaires intérieures » jeudi 10 octobre, au cours duquel il appellera de ses vœux à une révision « ambitieuse et rapide » de la directive dite « retour », a indiqué son cabinet à Euractiv.

Sollicité suite au commentaire de Viktor Orbán, l’entourage de Bruno Retailleau n’a pas donné suite.

Recevoir le soutien d’un Premier ministre pro-Poutine, souvent décrit comme un autocrate, n’est pas forcément une bonne nouvelle pour le ministre français.

« Bruno Retailleau, vous avez les amitiés du pire autocrate d’Europe. Celui qui vous a enseigné le mépris de l’État de droit ! » a posté l’eurodéputée sociale-démocrate française Chloé Ridel sur X.

Parallèlement, dans son rapport annuel sur l’État de droit publié en juillet, la Commission européenne a averti que la Hongrie « présente un véritable problème systémique en matière d’État de droit ».