Un conseil européen informel pour répondre à l'escalade russe
Les dirigeants européens vont débattre de la manière de renforcer leur soutien à l'Ukraine lors d'une réunion du Conseil européen informelle à Prague vendredi (7 octobre).
Les dirigeants européens s’apprêtent à débattre de la manière de renforcer leur soutien à l’Ukraine lors d’une réunion du Conseil européen informelle à Prague vendredi (7 octobre). À l’ordre du jour, de nouvelles mesures pour maîtriser la hausse des prix de l’énergie et une réponse ferme face au potentiel sabotage de l’oléoduc Nord Stream.
Dans sa lettre d’invitation aux dirigeants européens publiée dimanche (2 octobre), le président du Conseil européen Charles Michel a appelé l’UE à envoyer une réponse ferme à la Russie, notamment face à la déclaration d’annexion de quatre régions d’Ukraine la semaine dernière.
« Lors de notre réunion, nous discuterons de la manière de continuer à apporter un soutien économique, militaire, politique et financier solide à l’Ukraine, aussi longtemps qu’il le faudra », a déclaré M. Michel.
L’annexion illégale par la Russie a été officiellement annoncée après que Moscou a organisé des soi-disant « référendums » dans les zones occupées de l’Ukraine. Les gouvernements occidentaux et Kiev ont condamné ces votes, estimant qu’ils enfreignaient le droit international.
Le sommet informel de Prague devrait également fournir des orientations sur les prochaines mesures que l’UE devrait prendre pour faire face à la hausse des prix de l’énergie, a indiqué M. Michel.
« Notre objectif principal est de faire en sorte de garantir la sécurité d’approvisionnement et de prix abordables de l’énergie pour nos ménages et nos entreprises, en particulier à l’approche du froid hivernal », a-t-il déclaré.
Vendredi (30 septembre), les ministres de l’Énergie de l’UE ont adopté une nouvelle série de mesures visant à maîtriser les coûts élevés de l’énergie, notamment en taxant les bénéfices exceptionnels des entreprises du secteur de l’énergie.
La Commission européenne a déclaré qu’elle présenterait « prochainement » des propositions visant à lutter contre les prix élevés du gaz.
Toutefois, les États membres restent divisés sur la suite des événements, nombre d’entre eux appelant à un plafonnement des prix du gaz à l’échelle de l’UE, tandis que d’autres, dont l’Allemagne, la puissance économique de l’Europe, s’y opposent.
Les dirigeants de l’UE devraient en outre débattre de la manière de protéger leurs infrastructures critiques. Les pays européens ont déjà renforcé les mesures de sécurité pour préserver les approvisionnements en énergie en mer du Nord et au large des côtes italiennes, alors que l’enquête sur les fuites inexpliquées des gazoducs Nord Stream en mer Baltique se poursuit.
Ces incidents ont incité certains pays à envoyer des militaires pour sécuriser les systèmes énergétiques potentiellement vulnérables.
Samedi (1er octobre), après les explosions, la Norvège a déclaré que ses alliés l’aideraient à patrouiller ses plateformes pétrolières et gazières en mer.
La Commission européenne, quant à elle, a déclaré la semaine dernière qu’elle procéderait à un « test de résistance » sur la sécurité des infrastructures européennes critiques, mais les implications d’une telle mesure restent floues.
Bien qu’il ne soit pas officiellement à l’ordre du jour, le sommet informel pourrait également être l’occasion d’une nouvelle discussion sur le prochain train de sanctions de l’UE contre la Russie.
Vendredi dernier, les ambassadeurs de l’UE à Bruxelles ont discuté de la nouvelle proposition de sanctions. Plusieurs diplomates européens ont déclaré qu’ils espéraient obtenir l’approbation finale la semaine prochaine. S’ils ne parviennent pas à un accord, la discussion devrait être déléguée aux dirigeants européens.
Les nouvelles sanctions à l’importation resserreraient la vis sur l’industrie russe, couvrant l’acier et les produits sidérurgiques, le papier et le bois, mais les détracteurs de la Russie pourraient être déçus car nombre de leurs idées ne se retrouvent pas dans le texte.