Un député grec suscite une vague d'indignation après ses propos sur les bateaux de migrants

« Est-ce qu'on va couler le bateau ou non ? », demanda Makis Voridis

EURACTIV.com
[Photo : Dan Kitwood/Getty Images]

Le Parlement grec s’est enflammé mardi après les propos controversés tenus par un député du parti au pouvoir, Nouvelle Démocratie, au sujet des bateaux de migrants traversant la Méditerranée.

Alors que des rumeurs d’élections anticipées circulent, le climat politique à Athènes s’échauffe, tout comme la canicule estivale.

« Donc, lui (le passeur) prend la mer avec les migrants clandestins, et ils se retrouvent en pleine mer. J’écoute les suggestions. Est-ce qu’on va couler le bateau ou non ? » a demandé Makis Voridis, un député influent de Nouvelle Démocratie, lors d’un débat sur un projet de loi mettant en œuvre le pacte européen sur les migrations.

Voridis, ancien ministre de l’Immigration, appartient à l’aile droite du parti au pouvoir et est considéré comme un partisan de la ligne dure sur les questions migratoires.

Sa déclaration a suscité une vive réaction de la part de l’opposition, le parti socialiste PASOK l’accusant d’adopter une rhétorique d’extrême droite. Le député européen de gauche Kostas Arvanitis (Syriza) a fait remarquer qu’avec l’entrée en vigueur prochaine du nouveau pacte européen sur les migrations, les États membres de l’UE ont déjà commencé à adopter des politiques à la Trump à l’égard des migrants.

Voridis a répondu mercredi que sa question était rhétorique, affirmant qu’aucun parti politique ne souhaite couler les bateaux, mais plutôt empêcher les migrants de traverser la Méditerranée.

Pour l’opposition, cependant, sa rhétorique n’est pas une surprise, compte tenu des élections à venir et de l’émergence de nouveaux partis politiques qui ont bouleversé le paysage politique.

Les élections sont prévues pour 2027, mais le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis subit une pression croissante pour les organiser plus tôt.

« Ses propos embarrassants sont liés aux remaniements en cours au sein du camp de la droite et de l’extrême droite, qui visent à endiguer les défections avant la formation de nouveaux partis politiques », a déclaré le député européen Arvanitis à Euractiv.

Antonis Samaras, ancien Premier ministre conservateur, est sous les feux de la rampe : il s’apprête à lancer un nouveau parti politique. Expulsé de Nouvelle Démocratie par Mitsotakis en 2025, il lorgne désormais sur les électeurs conservateurs à l’approche des élections, Nouvelle Démocratie constituant le principal réservoir électoral.

Les sondages suggèrent que Nouvelle Démocratie arriverait toujours en tête, suivie du parti d’Alexis Tsipras, ELAS, et du parti socialiste PASOK.

Un nouveau parti conservateur de droite pourrait compromettre davantage l’objectif de Nouvelle Démocratie d’obtenir plus de 25 % des voix, un seuil qui lui donnerait droit à des sièges supplémentaires en vertu de la loi électorale et lui permettrait de former un gouvernement de coalition.

(bw)