Un économiste pour mener le nouveau gouvernement chypriote

Aujourd'hui (5 août), le président chypriote, Demetris Christofias, a nommé un nouveau gouvernement, avec à sa tête l'économiste Kikis Kazamias, chargé d'éviter un désastre économique au pays.

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Aujourd'hui (5 août), le président chypriote, Demetris Christofias, a nommé un nouveau gouvernement, avec à sa tête l'économiste Kikis Kazamias, chargé d'éviter un désastre économique au pays.

« Le président de la République, Demetris Christofias, a nommé un nouveau gouvernement », peut-on lire dans un communiqué incluant M. Kazamias dans la liste des ministres.

Le portefeuille des finances est crucial alors que la Banque centrale et la plus grande banque de l'île ont annoncé qu'elle pourrait devenir le quatrième pays de la zone euro à demander un renflouement à moins que des mesures ne soient prises immédiatement pour rétablir l'équilibre budgétaire.

« J'espère que la sensibilité et le consensus prévaudront. Ces problèmes affectent tout le pays, personne n'y échappe », a déclaré M. Kazamias à Reuters après sa nomination.

Les inquiétudes se sont accentuées depuis l'explosion de munitions du 11 juillet qui a détruit la principale centrale électrique de l'île et causé une crise énergétique sans précédent.

Le remaniement remplace un gouvernement qui a démissionné le 28 juillet, cédant à la pression de la population suite à l'explosion qui s'est ajoutée aux difficultés financières de Chypre (voir « Contexte »).

L'île a souffert d'une série de dégradations de sa note à cause d'un dérapage budgétaire et de l'exposition de ses banques à la dette grecque.

M. Kazamias était le ministre des communications sous l'administration du président Tassos Papadopoulos entre 2003 et 2004. Il a également été membre de la Cour des comptes européenne pendant six ans jusqu'en novembre 2010.

Même si M. Kazamias n'est pas la pointure qu'attendaient certains investisseurs, l'économiste chypriote Stelios Platis a affirmé qu'il avait l'avantage d'à la fois être membre du Parti communiste au pouvoir, et donc capable de négocier avec les syndicats, et de jouir d'une expérience à l'UE.

« Etant donné son passé et son engagement politique à Chypre, c'est beaucoup plus facile pour lui que pour n'importe qui d'autre », a-t-il expliqué à Reuters.

Dégradations 

Les trois principales agences de notation de crédit ont dégradé la note de Chypre ces derniers mois, car ses banques sont assises sur environ 5 milliards d'euros de dette souveraine grecque et que son économique est très exposée à la Grèce via le commerce.

Le partenaire minoritaire de l'ancienne coalition à deux partis a refusé mercredi de participer au nouveau gouvernement, rendant ainsi un accord sur des réformes économiques cruciales difficiles et compliquant potentiellement les discussions de réunification de l'île qui a été séparée entre Chypriotes turcs et grecs lors d'une invasion turque qui a fait suite à un coup d'Etat fomenté par les Grecs.

Le Parti démocratique centriste, partenaire de la coalition avec le parti communiste AKEL depuis 2008, a déclaré qu'il quittait le gouvernement après avoir épuisé toutes les solutions possibles pouvant mener à une continuation de leur coopération.

Chypre est une république présidentielle et ce retrait ne devrait pas mettre en danger le président Christofias dont le mandat prendra fin en 2013.

Toutefois, l'adoption des réformes économiques dépend du parlement où le parti de M. Christofias n'a pas la majorité.

M. Christofias a nommé six nouveaux ministres dans le gouvernement qui en compte onze. La ministre sortante des communications, Erato Kozakou Markoullis, a été déplacée au ministère des affaires étrangères, un poste qu'elle a occupé durant huit mois lors de la précédente administration.

Depuis que la crise de la dette souveraine a éclaté dans la zone euro l'an dernier, l'Union européenne et le Fonds monétaire international ont renfloué la Grèce, l'Irlande et le Portugal.

Un sauvetage de Chypre, un petit pays de la zone qui ne représente qu'environ 0,2 % de son économie totale, ne causerait pas trop de tort à l'Europe.

Mais un renflouement supplémentaire accentuerait l'atmosphère fiévreuse qui règne sur les marchés. Ces derniers visent à présent l'Italie et l'Espagne, troisième et quatrième économies de la zone euro.

Chypre exercera la présidence tournante de l'UE à partir du 1er juillet 2012.

EURACTIV avec Reuters Article EURACTIV traduit de l'anglais par Amandine Gillet