Un long chemin vers l’élimination de l’hépatite virale en Europe

Bien que l’ONU ait pour objectif d’éliminer l’hépatite virale d’ici à 2030, un rapport publié mercredi (15 juin) a révélé qu’environ un quart des pays de l’UE/EEE ne disposent pas de plans d’action ou de stratégies pour la prévention et le contrôle de la maladie.

EURACTIV.com
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L’infection chronique par le virus de l’hépatite B et le virus de l’hépatite C est une cause majeure de maladie chronique du foie, de cirrhose et de carcinome hépatocellulaire. Même si la grande majorité des États, soit 19 d’entre eux, disposent d’un plan en la matière, 11 seulement disposent d’un financement national pour sa mise en œuvre. [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/blood-sample-positive-hepatitis-b-virus-679733212" target="_blank" rel="noopener">[SHUTTERSTOCK/Jarun Ontakrai]</a>]

Bien que l’ONU ait pour objectif d’éliminer l’hépatite virale d’ici à 2030, un rapport publié mercredi (15 juin) a révélé qu’environ un quart des pays de l’UE/EEE ne disposent pas de plans d’action ou de stratégies pour la prévention et le contrôle de la maladie.

Une enquête de suivi menée par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), publiée mercredi, a révélé que six des 26 États membres de l’UE/EEE étudiés n’avaient pas de plan d’action ou de stratégie pour la prévention et le contrôle de l’hépatite virale.

Même si la grande majorité des États, soit 19 d’entre eux, disposent d’un plan en la matière, 11 seulement disposent d’un financement national pour sa mise en œuvre. Dans le même temps, 22 pays ont des directives en matière de dépistage de l’hépatite B et de l’hépatite C, mais les directives de nombreux pays ne mentionnent pas une ou plusieurs des populations clés les plus exposées aux infections par l’hépatite.

Cary James, directeur général de la World Hepatitis Alliance, a confié à EURACTIV qu’il y avait encore « un long chemin à parcourir pour atteindre les objectifs de 2030 ».

Les objectifs ont été fixés en 2015, lorsque les Nations unies ont adopté les Objectifs de développement durable (ODD) pour 2030, dont l’un des objectifs était de « mettre fin aux épidémies de sida, de tuberculose, de paludisme et de maladies tropicales négligées et de combattre l’hépatite, les maladies hydriques et les autres maladies transmissibles ».

Cet objectif a été soutenu en 2016, lorsque l’Assemblée mondiale de la santé (AMS) a approuvé la première Stratégie mondiale du secteur de la santé pour l’hépatite virale, avec l’objectif de réduire les nouvelles infections par l’hépatite B et C de 90 % et les décès de 65 % d’ici 2030.

Des disparités à travers le bloc

L’infection chronique par le virus de l’hépatite B et le virus de l’hépatite C est une cause majeure de maladie chronique du foie, de cirrhose et de carcinome hépatocellulaire.

On estimait en 2017 que près de 5 millions de personnes vivaient avec une infection chronique par le virus de l’hépatite B et près de 4 millions de personnes vivaient avec une infection chronique par le virus de l’hépatite C dans les États de l’UE/EEE et au Royaume-Uni.

Dans l’UE/EEE, on estime que les décès attribués au virus de l’hépatite B et au virus de l’hépatite C représentent environ 55 % des décès dus au cancer du foie et 45 % de tous les décès dus à une cirrhose et à d’autres maladies chroniques du foie.

Le rapport de l’ECDC a également révélé des disparités en ce qui concerne le nombre de cas recensés dans les différents pays. Le nombre estimé de personnes vivant avec une infection chronique par le virus de l’hépatite B par pays varie entre 183 à 3 312 pour 100 000 personnes, ce qui représente une variation considérable.

Dans le même temps, le nombre estimé de personnes vivant avec une infection chronique par le virus de l’hépatite C par pays a été multiplié par 100, passant ainsi de 24 à 2 411 pour 100 000 personnes.

Aucun pays n’est sur la voie de l’élimination de l’hépatite B

M. James a déclaré que même si, en Europe, la plupart des pays sont sur la bonne voie pour atteindre l’objectif d’élimination de l’hépatite C fixé pour 2030, la situation est différente en ce qui concerne l’hépatite B.

« Aucun pays d’Europe n’est en voie d’atteindre les objectifs d’élimination de l’hépatite B, ni aucun pays du monde », a déclaré M. James.

Il existe un vaccin contre l’hépatite B qui peut être administré à la naissance et qui « pourrait éradiquer complètement la maladie en une génération ». Un traitement permettant d’arrêter la progression de la maladie vers le cancer du foie ou la cirrhose est également disponible.

Malgré les outils de prévention, « le monde a été lent à agir contre l’hépatite », a ajouté M. James.

L’année dernière, le chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré : « Nous avons les outils pour atteindre ces objectifs, mais seulement si tous les pays s’engagent à faire en sorte que tout le monde y ait accès. »

M. James a appelé les décideurs à agir pour l’élimination de l’hépatite. « Même le Dr Tedros […] a dit que s’il y avait une maladie que nous pouvions éliminer d’ici 2030, c’est bien l’hépatite », a-t-il conclu.