Un partenariat UE-Ukraine, mais pas d’adhésion [FR]

Hier 22 juillet, les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé de signer un accord de stabilisation et d’association avec l’Ukraine. Cet accord va plus loin que le partenariat actuel mais n’offre pas de perspectives d’adhésion à l’UE à ce pays.

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Hier 22 juillet, les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé de signer un accord de stabilisation et d’association avec l’Ukraine. Cet accord va plus loin que le partenariat actuel mais n’offre pas de perspectives d’adhésion à l’UE à ce pays.

La formulation du nouvel accord était le principal point de friction du débat. En effet, le terme « association » avait également été utilisé pour les accords signés avec les pays d’Europe de l’Est ayant rejoint l’Union en 2004, ainsi que pour les pays dont les perspectives d’adhésion sont évidentes comme la Croatie et la Serbie – une similarité que certains gouvernements européens souhaitent éviter.

D’autre part, l’UE a également signé des accords d’association avec un certain nombre de ses partenaires commerciaux comme le Chili et l’Egypte.

Durant les négociations qui ont abouti à la signature de l’accord hier, l’Espagne a pris la tête d’un groupe de pays comprenant notamment les Pays-Bas et la Belgique. Ceux-ci veulent que le préambule stipule clairement que le nouvel accord n’est en aucun cas lié au processus d’adhésion à l’UE.

Lors de sa rencontre avec le président Viktor Yushchenko le lundi 21 juillet à Kiev, la chancelière allemande Angela Merkel a affirmé que l’Ukraine était encore bien loin de rejoindre l’UE et que le nouvel accord ne devait pas être confondu avec l’éventualité d’une adhésion.

Elle a fait savoir que le présent accord est destiné à renforcer considérablement les relations avec l’Ukraine, que ce soit sur le plan commercial, économique ou juridique. L’accord rapproche l’Ukraine de l’UE, mais il s’inscrit clairement dans le contexte de la politique de voisinage qui régit les relations de l’UE avec les 16 pays d’Europe centrale et du Sud de la Méditerranée comme la Libye ou Israël (lire notre LinksDossier). 

La question est d’autant plus épineuse que l’Europe craint d’entraver ses relations avec la Russie, qui s’oppose clairement à l’entrée de l’Ukraine dans l’UE et dans l’OTAN. Les dirigeants européens sont particulièrement conscients du rôle de la Russie en tant que fournisseur principal de l’UE en gaz naturel. En 2006, une dispute entre la Russie et l’Ukraine avait entraîné un arrêt temporaire de l’approvisionnement en gaz russe, lequel est acheminé en Europe par les pipelines ukrainiens (EURACTIV 19/01/06). 

La France, qui occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a présidé la réunion d’hier. Elle figure parmi les pays qui appuient le plus activement la signature du nouvel accord. A maintes reprises, le président Nicolas Sarkozy a défendu l’octroi d’un statut privilégié à l’Ukraine dans le cadre des relations de l’UE avec ses voisins. Toutefois, il n’est jamais allé jusqu’à demander l’adhésion formelle du pays.

La commissaire Benita Ferrero-Waldner, chargée de la politique européenne de voisinage, a salué les grands progrès en cours. Selon elle, le sommet UE-Ukraine qui se tiendra à Evian le 9 septembre prochain sera l’occasion de voir les progrès réalisés.

Elle a également défendu l’ouverture d’un dialogue sur l’assouplissement du régime des visas afin de compléter les négociations sur le nouvel accord, qui répondrait aux aspirations européennes de l’Ukraine.

Toutefois, en référence aux frictions entre le président ukrainien et son Premier ministre, Mme Ferrero-Waldner a indiqué que le pays avait encore beaucoup à faire pour stabiliser sa politique intérieure. 

Le président Iouchtchenko considère lui-même que le nouvel accord est un immense pas en avant même s’il reconnaît les difficultés rencontrées par son pays dans le processus d’adhésion à l’UE. 

A son avis, il est très important que l’Ukraine sache de quoi il en retourne. Le pays pourra ainsi déterminer quels éléments jouent ou non en sa faveur, a-t-il déclaré lundi.