Une « Alliance de gauche européenne » pour contrer la montée de l’extrême droite en Europe
L’Alliance de gauche européenne, dont l’objectif est d’unir les forces de gauche « contre le capitalisme et l’extrême droite » en Europe, a tenu son premier congrès à Porto les 13 et 14 juin.
L’Alliance de gauche européenne, dont l’objectif est d’unir les forces de gauche « contre le capitalisme et l’extrême droite » en Europe, a tenu son premier congrès à Porto les 13 et 14 juin. Ce nouvel europarti composé de sept membres avait été annoncée au lendemain des élections européennes de 2024, qui ont vu un virage à droite.
« D’un côté, nous avons [le leader du RN Jordan] Bardella, [le Premier ministre hongrois Viktor] Orbán [(Fidesz)], [le chef de file de La Lega italienne Matteo] Salvini : le pire de ce que l’Europe a à offrir en matière de politique d’extrême droite. De l’autre, nous avons une coalition avec [la présidente de la Commission européenne Ursula] von der Leyen qui s’engage toujours plus dans la voie de la dérèglementation et qui est de plus en plus disposée à s’aligner sur l’extrême droite », a confié à Euractiv l’eurodéputée Manon Aubry, membre de La France Insoumise (LFI), l’un des partis fondateurs de la coalition.
« La question est de savoir comment riposter », a-t-elle ajouté.
L’Alliance de gauche européenne a été officiellement lancée ce week-end dans la deuxième plus grande ville du Portugal, Porto. Outre LFI, l’on retrouve parmi les partis fondateurs de l’alliance le parti Podemos (Espagne) ou encore Partia Razem (Pologne).
Née après les élections européennes de 2024, qui ont vu une percée de l’extrême droite dans toute l’Europe, cette nouvelle alliance politique a pour objectif d’agir « plus efficacement contre le capitalisme et l’extrême droite » en se concentrant sur les questions sociales, la répartition des richesses et la transformation écologique.
En plus de se concentrer sur les valeurs fondamentales de ses partis membres, la coalition souhaite « mener des campagnes communes », a expliqué Manon Aubry, qui copréside actuellement le groupe de La Gauche au Parlement européen.
Le nouveau parti paneuropéen a lancé une première campagne en faveur d’une initiative citoyenne européenne sur la situation à Gaza dimanche 15 juin. Pour qu’elle soit examinée par la Commission européenne, elle devra recueillir un million de signatures provenant d’au moins sept États membres de l’UE.
À long terme, l’alliance ambitionne de pousser l’UE à adopter un régime contraignant de conditionnalité en matière de droits humains pour les accords commerciaux. « Il s’agit clairement de mettre fin à l’accord d’association UE-Israël, qui contribue au financement de la guerre », a affirmé Manon Aubry au sujet de l’initiative.
L’accord d’association UE-Israël en actuellement réexaminé par Bruxelles, au regard des la guerre que Tel-Aviv mène à Gaza.
Pas de concurrence au Parti de la gauche européenne
Interrogée par Mediapart sur la co-existence de la nouvelle alliance avec le Parti de la gauche européenne (PGE), Manon Aubry a affirmé que la nouvelle formation ne se posait « pas en concurrence du PGE », mais que le cadre de ce dernier « ne permettait pas la réactivité et l’agilité » nécessaire. Elle a par exemple cité l’initiative qui l’a amenée à livrer des pilules abortives dans une clinique en Pologne, ou la participation à la Pride de Budapest, interdite par le gouvernement hongrois, le 28 juin prochain.
« Nous offrons un nouvel outil d’action, et tout le monde y sera bienvenu. »
[Édité par Anne-Sophie Gayet]