Une guéguerre politique après les élections roumaines ? [FR]
La Roumanie se dirige vers une période de négociations politiques difficiles après que les élections générales du dimanche 30 novembre n’ont vu émerger aucun vainqueur clair.
La Roumanie se dirige vers une période de négociations politiques difficiles après que les élections générales du dimanche 30 novembre n’ont vu émerger aucun vainqueur clair.
Selon les sondages à la sortie des urnes, les sociaux démocrates (PSD) ont remporté les élections avec 36,2 % des voix, suivis par les libéraux démocrates de droite (PDL), proches du président Traian Basescu, avec 30,5 %. Les libéraux nationaux (PNL) du Premier ministre actuel Calin Popescu Tariceanu ont récolté 20,2 % des suffrages, alors que l’Union démocratique des Magyars de Roumanie (UDMR) en a obtenu près de 7 %.
Mais au cours de la matinée, après que 71% des bulletins ont été dépouillés, le PNL devançait de justesse l’opposition socio-démocrate. Mircea Geoana, dirigeant des socio-démocrates, continuait d’insister sur le fait que son parti allait gagner. Gardez votre calme, disait-il aux journalistes, en soulignant que les résultats examinés étaient ceux des villes. Les résultats provenant de la campagne arriveront plus tard, avait-t-il indiqué. Le PSD bénéficie en effet d’un fort soutien dans les zones rurales.
Le parti d’extrême droite de la grande Roumanie, qui avait récolté 20 % des voix en 2000 pour devenir la deuxième force politique de Roumanie, n’a pas atteint cette fois-ci le palier de 5 % nécessaire pour accéder au Parlement.
Les sociaux démocrates ont remporté les élections et dirigeront le prochain gouvernement, a affirmé Mircea Geoana, le leader du parti.
Mais le centre droit a lui aussi crié victoire. Emil Boc, dirigeant du PDL, a en effet indiqué que puisqu’aucun parti n’avait remporté 50 % des suffrages, le pouvoir véritable revient à la droite.
Les résultats du scrutin seront officiellement confirmés le 6 décembre. Les partis auront alors dix jours pour convoquer un Parlement et dix de plus pour désigner un Premier ministre.
Etant donné qu’aucun parti n’a décroché la majorité, la Constitution du pays veut que le président puisse exercer son droit de veto sur un candidat. Or Traian Basescu s’oppose autant au dirigeant du PSD Mircea Geoana qu’à son ancien allié Calin Popescu Tariceanu, leader du PNL, avec qui il est ouvertement en conflit. Aussi M. Basescu appuie-t-il résolument la candidature de Teodor Stolojan, responsable politique du PDL, au poste de prochain Premier ministre.
Selon les observateurs, il y aurait 35 % de chances qu’une coalition se forme entre le PSD et le PNL, 30 % de chances que la coalition PDL-PNL se renouvelle et 20 % de chances de voir une alliance se former entre le PSD et le PDL.
Un taux de participation bas
Le taux de participation s’est élevé à 39,3 %, le plus bas depuis 1989. La presse a critiqué la décision des autorités d’organiser les élections lors d’un week-end prolongé. En effet, la fête nationale roumaine a lieu aujourd’hui ; par conséquent, beaucoup d’électeurs, surtout dans les villes, sont partis en vacances sans se soucier de glisser leur bulletin de vote dans les urnes.