Une minorité de pays prévoit d’acheter des renouvelables à l’étranger

Seulement cinq États membres de l’UE prévoient d’acheter des énergies renouvelables à d’autres pays, alors que l’Union dans son ensemble est en route pour dépasser son objectif commun de 20 %, selon la Commission européenne.

EURACTIV.fr

Seulement cinq États membres de l’UE prévoient d’acheter des énergies renouvelables à d’autres pays, alors que l’Union dans son ensemble est en route pour dépasser son objectif commun de 20 %, selon la Commission européenne.

L’Italie connaîtra la plus forte pénurie d’énergies renouvelables produites nationalement indique la Commission dans un document de prévision sur le cadre de mise en oeuvre de la directive sur les renouvelables, rendu public le 11 mars. Le pays devra acheter environ 1,2 millions de tonne d’équivalent pétrole (Mtep) à d’autres pays afin de remplir ses objectifs.

Le Belgique, le Danemark, le Luxembourg et Malte ne devraient pas non plus atteindre leurs objectifs par leur seule production interne.

L’objectif fixé à la France par la directive est de produire 23% d’énergie d’origine renouvelable d’ici 2020. Le pays ne prévoit ni transfert, ni achat d’énergie d’origine renouvelable « à ce stade », selon les données transmises par le gourvernement français à la Commission européenne. Ce texte rappelle que le projet de loi de mise en oeuvre du Grenelle de l’environnement, actuellement examiné par le Parlement français, prévoit l’augmentation de 20 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) de la production d’énergie d’origine renouvelable en France.

Mais l’achat d’électricité d’origine renouvelable pourrait se faire, après la mise en place d’un cadre législatif et règlementaire adapté, auprès d’autres États membre de l’UE, ou de pays participants au plan solaire méditerranéen dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée.

Dans le même sens, l’Italie, l’Espagne et la Grèce ont déclaré qu’elles seraient particulièrement intéressées par le développement d’énergies renouvelables dans des pays tiers, dans le contexte du Plan solaire Méditerranéen ou dans les Balkans occidentaux. L’Italie souhaite par exemple combler le fossé entre la production domestique et ses objectifs en construisant des interconnexions avec la Suisse, l’Albanie, le Monténégro et la Tunisie.

Certains pays identifient aussi des technologies spécifiques sur lesquelles ils voudraient coopérer : l’éolienne pour l’Allemagne, l’Estonie et l’Irlande, l’énergie hydro-électrique pour la Roumanie et la Bulgarie et la biomasse pour la Lettonie.

10 États membres prédisent un surplus en 2020, qu’ils pourraient transférer à un autre État membre, a affirmé la Commission. Une quantité qui avoisinerait les 2 % du total des renouvelables exigées pour 2020.

L’Allemagne prévoit par exemple d’atteindre 18,7 % de renouvelables au lieu des 18 nécessaires, et l’Espagne 22,7 % au lieu de 20.

L’UE dans son ensemble devrait atteindre une part de 20,3 % d’énergies renouvelables en 2020, dépassant ainsi légèrement son objectif de 20 %, a déclaré la Commission.

« Ces prévisions montrent que les États membres prennent la question des énergies renouvelables très au sérieux et sont réellement déterminés à dynamiser leur production domestique, a déclaré le commissaire à l’énergie Günther Oettinger. Cela devrait inciter à investir dans les technologies vertes et la production d’énergies renouvelables », a-t-il ajouté.

Cependant, un porte-parole de la Commission a indiqué que les résultats étaient encore préliminaires et que des détails plus précis seraient disponibles lorsque les États membres remettront leurs plans d’action sur les énergies renouvelables à la fin du mois de juin 2010, au plus tard. Ces plans devront exposer les mesures envisagées par les pays afin de mettre en place leurs objectifs et de faire face aux contrôles de la Commission en termes de crédibilité.

Les documents de prévision ont été exigés uniquement dans le but d’estimer la demande potentielle pour l’énergie renouvelable autre que la production domestique d’ici 2020 et les besoins résultant de l’utilisation de mécanismes de coopération. En l’absence d’un modèle commun, la remise d’informations supplémentaires varie beaucoup d’un État membre à l’autre.

CALENDRIER

30 juin 2010 : Date butoire pour la présentation des plans d’actions sur les énergies renouvelables par les États membres.