Une note de l'ambassade des Pays-bas en Israël critiquant les bombardements à Gaza suscite l'indignation

La fuite d’une note confidentielle de l’ambassade des Pays-Bas en Israël, qui accuse Israël d'user d'une « force disproportionnée » contre des civils à Gaza, a suscité l’indignation d'élus néerlandais, qui réclament la tenue d'un débat national.

EURACTIV.com
Search for survivors in Khan Younis following an Israeli strike
La note, rédigée par l’attaché de défense de l’ambassade et révélée par le quotidien néerlandais NRC lundi, décrit comment l’armée israélienne est « déterminée à causer délibérément une destruction massive des infrastructures et des centres civils » à Gaza, [EPA-EFE/HAITHAM IMAD]

La fuite d’une note confidentielle de l’ambassade des Pays-Bas en Israël, qui accuse Israël d’user d’une « force disproportionnée » contre des civils à Gaza, a suscité l’indignation d’élus néerlandais, qui réclament la tenue d’un débat national.

La note, rédigée par l’attaché de défense de l’ambassade et révélée par le quotidien néerlandais NRC lundi (13 novembre), décrit comment l’armée israélienne est « déterminée à causer délibérément une destruction massive des infrastructures et des centres civils » à Gaza, tout en manquant d’une stratégie réaliste et réalisable pour atteindre son prétendu objectif d’éradication du groupe terroriste Hamas, que l’attaché qualifie de « virtuellement impossible ».

Le 7 octobre, une attaque terroriste du Hamas a fait plus de 1 200 morts israéliens. Israël a d’abord répondu par des bombardements intenses à Gaza, puis une opération terrestre, qui aurait fait plus de 10 000 morts gazaouis, dont des milliers d’enfant, faisant craindre un « génocide ».

La note précise en outre que qu’Israël abuserait de son pouvoir militaire afin de « présenter une force militaire crédible pour montrer à l’Iran et à ses mandataires [tels que le Hezbollah] qu’ils ne reculeront devant rien » — une stratégie qui augmente la probabilité d’un conflit régional plus large, souligne le diplomate.

La révélation du memo a suscité une vive indignation parmi les législateurs de gauche et centre-gauche, dont beaucoup demandent depuis longtemps au gouvernement intérimaire du pays de plaider en faveur d’un cessez-le-feu pour que l’aide humanitaire parvienne aux civils de la bande de Gaza.

« Les images terribles appellent à un cessez-le-feu, à une aide massive et à la libération des otages. Et cela demande une réponse du gouvernement à toutes les violations, y compris celles du côté israélien », a posté Sjoerd Sjoerdsma, membre du parti centriste D66, sur X, ajoutant que son parti et le Parti socialiste ont demandé un débat parlementaire sur la question.

La demande de M. Sjoerdsma a été soutenue par le Parti travailliste et les Verts, qui constituent actuellement la liste de gauche la plus importante en vue des élections nationales de la semaine prochaine, ainsi que par les groupes parlementaires du partenaire de coalition CDA.

« Israël adopte délibérément une approche militaire impitoyable à Gaza, avec une force disproportionnée et des attaques délibérées contre les infrastructures civiles. Le gouvernement doit cesser de nier, condamner les violations et demander un cessez-le-feu immédiat », a déclaré la députée travailliste Kati Piri.

Cette fuite vient s’ajouter au fossé grandissant entre les législateurs de centre-gauche et de gauche, d’une part, et le gouvernement d’autre part, alors que les demandes d’enquêtes parlementaires sur la politique du gouvernement à l’égard d’Israël se sont faites de plus en plus pressantes au cours des dernières semaines.

Outre le refus du gouvernement néerlandais de soutenir un appel au cessez-le-feu à l’ONU, les législateurs ont également été irrités par des rapports faisant état de livraisons continues de pièces détachées de F-35 à Israël.

Le gouvernement botte en touche

Le ministère des Affaires étrangères n’a pas commenté le contenu de la note auprès du NRC, mais il a souligné qu’il s’agissait simplement de « l’une des nombreuses sources » prises en compte par le gouvernement, déclarant que « les Pays-Bas sont très préoccupés par la gravité et l’ampleur du conflit », tandis que « de nouvelles victimes civiles des deux côtés doivent être évitées autant que possible ».

Lors de sa visite dans le pays la semaine dernière, le Premier ministre néerlandais sortant Mark Rutte a rappelé à son homologue israélien Benyamin Netanyahou qu’il devait agir de manière proportionnée, alors que la pression internationale sur Israël pour cesser les bombardements sur Gaza ne cesse de croître.

M. Rutte a jusqu’à présent refusé d’appeler à un cessez-le-feu, soulignant le soutien néerlandais au droit d’Israël à se défendre — bien que le document montre que le gouvernement néerlandais est pleinement conscient du mépris d’Israël pour les civils palestiniens et le droit humanitaire de la guerre.