Une plainte déposée contre José Bové pour avoir accusé le Maroc de tentative de corruption

Le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch a porté plainte mardi (20 décembre) pour « diffamation » contre l’ancien eurodéputé Vert José Bové, qui l’a accusé de tentative de corruption en 2010.

Euractiv France
European Parliament plenary session in Strasbourg
L'eurodéputé écologiste José Bové avec Daniel Cohn Bendit lors d'une session pléniaire à Strasbourg en 2011. [EPA/CHRISTOPHE KARABA]

Le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch a porté plainte mardi (20 décembre) pour « diffamation » contre l’ancien eurodéputé Vert José Bové, qui l’a accusé de tentative de corruption en 2010.

En plein scandale du QatarGate, un témoignage de l’ancien élu écologiste au Parlement européen José Bové a été diffusé vendredi dernier (16 décembre) sur France Inter, mettant en cause le Maroc.

Les faits remonteraient à la négociation de l’accord de libre-échange sur les fruits et légumes entre l’UE et le Maroc. M. Bové était « rapporteur de la commission du commerce extérieur [du PE] dans les années 2009-2014 » et a expliqué s’être opposé à l’accord en question.

« Ne supportant pas que je puisse m’opposer à ce projet », allègue l’ancien eurodéputé, le ministre marocain de l’Agriculture de l’époque lui aurait proposé de se rencontrer « dans un café qui soit discret » pour « [lui] amener un cadeau ». Le ministre marocain avait, selon M. Bové, le soutien d’une « association d’amitié », composée d’élus européens de tout bord politique.

Lui a-t-on proposé « de l’argent ? », a demandé le journaliste. « C’est clair que c’était cela » a répondu l’ancien eurodéputé, qui assure que l’affaire « s’est arrêtée là ».

« Certains députés ont profité de cela », assure José Bové, qui salue « la décision de la présidente [du Parlement européen] de supprimer l’ensemble [des groupes d’amitié] et de réviser les votes qui ont eu lieu ».

C’est donc suite à ces allégations que l’ancien ministre de l’Agriculture marocain Aziz Akhannouch, qui est aujourd’hui Premier ministre, a porté plainte pour « diffamation ». Celle-ci fait état d’ « accusations mensongères inadmissibles » qui ne sont « que le reflet d’une vieille rancœur » de José Bové, rapporte l’AFP, qui a consulté le document.

L’avocat en France du Premier ministre marocain considère que « Jose Bové essaye visiblement et malhonnêtement de profiter de l’actualité judiciaire concernant le Parlement européen, pour ressortir de vieilles histoires sans fondement », relate l’AFP.