Une querelle juridique bloque l’aide alimentaire aux plus démunis
Le 14 avril dernier, la Commission a été obligée de geler les 4/5e de son aide alimentaire en faveur des plus démunis, après une décision de justice. La réunion des ministres de l’Agriculture n’a rien résolu.
Le 14 avril dernier, la Commission a été obligée de geler les 4/5e de son aide alimentaire en faveur des plus démunis, après une décision de justice. La réunion des ministres de l’Agriculture n’a rien résolu.
La nouvelle est tombée comme une bombe. Au mois d’avril, la justice européenne a estimé que l’achat de produits alimentaires sur les marchés grâce à des subventions de l’UE pour les redistribuer aux ONG était illégal. En cause, le règlement interne du Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD) selon lequel l’approvisionnement ne peut provenir que des surplus et stocks de l’UE.
Et, la semaine dernière, les chiffres sont tombés. La Commission européenne a annoncé que l’aide alimentaire serait divisée par quatre, passant de 500 à 113 millions d’euros dès 2012, c’est-à-dire la portion congrue disponible actuellement dans les stocks.
Donc le temps presse. Pour tenter de remédier au problème, crucial pour les 18 millions personnes bénéficiant de l’aide, le sujet a été inscrit à l’ordre du jour de la réunion des ministres de l’Agriculture, mardi 28 juin.
Sarkozy « choqué »
Depuis l’annonce des chiffres de réduction du programme, les réactions ont fusé de toute part en France. Lors du dernier conseil européen des 23 et 24 juin, Nicolas Sarkozy s’est dit « choqué » par cette décision et a annoncé que Paris ferait tout pour trouver une solution.
Et tous les partis politiques y sont allés de leur communiqué de presse.
Si rien n’est fait, l’avenir de cette aide, qui fournit par exemple 20% du budget des Restos du Coeur, pourrait être très sombre. Le commissaire européen se dit « très inquiet » pour 2013. Selon lui, les stocks publics européens pourraient être de zéro, réduisant les possibilités d’action du PEAD à néant.