Une taxe financière pour créer de l'emploi

Une taxe sur les transactions financières est nécessaire pour réparer les dégâts de la crise, qui a coûté des millions d'emplois. L'argent généré par cette taxe devrait être utilisé pour investir dans une croissance faible en carbone et dans l'emploi, a affirmé Bernadette Ségol, la nouvelle secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats, lors d'un entretien accordé à EURACTIV.

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Une taxe sur les transactions financières est nécessaire pour réparer les dégâts de la crise, qui a coûté des millions d'emplois. L'argent généré par cette taxe devrait être utilisé pour investir dans une croissance faible en carbone et dans l'emploi, a affirmé Bernadette Ségol, la nouvelle secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats, lors d'un entretien accordé à EURACTIV.

S’exprimant peu après son élection à la tête du CES, Bernadette Ségol a insisté sur le fait qu’une taxe sur les transactions financières (TTF) ne devrait pas être perçue comme un substitut aux contributions des Etats membres au budget européen.

« Si nous mettons en place une TTF, ce doit être pour des investissements supplémentaires, pour la croissance et pour l’emploi, qui est notre priorité, et non pas pour remplacer un revenu que nous avons déjà », a-t-elle affirmé en faisant allusion aux propositions de budget de l’UE pour 2014-2020, présentées par la Commission le 29 juin.

Selon Mme Ségol, les droits sociaux ont été mis à mal, et même les recommandations de la Commission aux pays de l’UE sur la croissance et l’emploi, dans le cadre de la stratégie Europe 2020, ont fait perdre de son éclat au modèle social européen.

Au lieu de partir du principe que les salaires jouent un rôle important dans la construction économique et que des services publics efficaces sont bénéfiques au modèle économique européen, la Commission continue de se concentrer sur une plus grande flexibilité et la libéralisation. « C’est une attaque », a-t-elle affirmé.

Elle met l’accent  sur le fait que la flexisécurité, modèle social qui conjugue flexibilité et sécurité, ne fonctionne que si l’argent est réinvesti en formant les travailleurs licenciés.

« Beaucoup d’argent est dépensé pour la flexisécurité au Danemark, afin de s’assurer que les travailleurs qui changent d’emploi sont formés et payés durant cette formation. L’argent dépensé [dans l’UE] pour une réelle flexisécurité négociée montre que nous n’en avons même jamais vu le commencement. Nous avons juste entendu parler de la nécessiter de pouvoir « virer les travailleurs sans préavis » », a-t-elle ajouté.

La nouvelle secrétaire générale du CES reconnaît que le marché du travail est en mutation et que les syndicats doivent s’adapter. Mais les gouvernements et les employeurs devraient en faire autant.

Le premier test portera sur la revitalisation du dialogue social au niveau européen, que Mme Ségol estime inachevée. Le dialogue social « s’est révélé efficace au niveau national et sous de nombreux aspects, nous souhaiterions qu’il soit efficace au niveau européen, mais cela implique que le sujet soit pris au sérieux », a-t-elle poursuivi.

Si le dialogue social est efficace et que tous les partenaires adoptent une approche orientée sur le résultat, la nouvelle secrétaire générale pense que la directive sur le temps de travail peut porter ses fruits, même si elle bloque depuis de nombreuses années sur trois points essentiels, à savoir l’option de retrait, le temps de garde et les contrats multiples. De nombreux doigts s’étaient pointés pour désigner les responsables de cet échec.

Des négociations concernant la directive sur le temps de travail doivent être entamées à l’automne, mais les employeurs et les syndicats ne sont pas encore tombés d’accord sur la portée des débats.

« Nous avons dit à BusinessEurope que nous étions prêts à négocier, mais nous avons besoin de discussions préliminaires pour nous assurer que les bases sont solides. Si nous avons une base solide, nous entamerons les négociations. Nous sommes là pour négocier pour de bon, pas seulement pour faire semblant », a-t-elle affirmé.

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