Vers un fonds de solidarité chypriote ?
Nicosie veut lancer un nouvel instrument abondé par des fonds de pension et d'autres actifs. L'Eurogroupe se dit prêt à en discuter. Berlin se dit sceptique.
Nicosie veut lancer un nouvel instrument abondé par des fonds de pension et d’autres actifs. L’Eurogroupe se dit prêt à en discuter. Berlin se dit sceptique.
Dans le sillage du rejet du plan élaboré, samedi 16 mars, par l’Eurogroupe, le gouvernement chypriote planche sur une solution alternative. Nicosie songe à la mise en place d’un fonds d’investissement fondé sur la nationalisation des fonds de pension, sur les revenus des hydrocarbures, des obligations et des garanties issues des biens fonciers de l’Eglise orthodoxe.
L’Eurogroupe s’est abstenu d’évaluer cet outil de renflouement des banques, par manque d’éléments tangibles sur ses implications.
Le montant susceptible d’être levé n’a pas été précisé, mais le projet sera débattu au Parlement chypriote aujourd’hui 22 mars. Nicosie a pris soin d’employer une terminologie à même de rassurer ses citoyens, qui ne font plus face à la « taxation des dépôts » mais à un « fonds de solidarité. »
Une réunion de l’Eurogroupe pourrait se tenir dimanche 24 mars. Dans un communiqué, le président du conclave des ministres des Finances de la zone euro dit vouloir discuter « le plus rapidement possible » du nouveau projet de renflouement des banques, tout en continuant les « négociations sur un programme d’ajustement » sur la base des travaux menés par la Troïka (BCE, Commission européenne et FMI).
En Allemagne, la chancelière comme le ministres des Finances se montrent très sceptiques sur la voie dans laquelle s’engage Nicosie.
Les pourparlers avec Moscou semblent par ailleurs peu fructueux. Chypre souhaite prolonger de 5 ans le prêt de 2,5 milliards d’euros accordé par la Russie en 2011, tout en revoyant à la baisse le taux d’intérêt.