Viktor Orban remet en doute la pertinence de la démocratie en Hongrie

Le Premier ministre hongrois a provoqué un tollé dans son pays en évoquant l’éventuelle nécessité "d’un nouveau système à la place de la démocratie". Pour lui, la Hongrie a besoin d’un pouvoir "fort" pour fonctionner.

EURACTIV.fr
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Le Premier ministre hongrois a provoqué un tollé dans son pays en évoquant l’éventuelle nécessité « d’un nouveau système à la place de la démocratie ». Pour lui, la Hongrie a besoin d’un pouvoir « fort » pour fonctionner.

Après avoir fait parler de lui dans toute l’Europe à l’hiver 2011 après l’adoption d’une nouvelle Constitution hongroise jugée contraire au droit européen, Viktor Orban est allé un peu plus loin dans la provocation.

Force nécessaire

L’Agence France Presse a relaté ses propos tenus devant l’Association nationale des entrepreneurs (VOSZ) vendredi 27 juillet. Le premier ministre a espéré « qu’il n’y aura pas besoin d’introduire un nouveau système à la place de la démocratie, mais nous avons besoin de nouveaux systèmes économiques et de nouvelles idées ».

Il a précisé que « le rassemblement national n’est pas une question de volonté, mais une question de force (…). Ce qui fonctionne peut-être dans les pays scandinaves, l’unité, chez nous, un peuple semi-asiatique [les Hongrois sont originaires des steppes d’Asie centrale, ndlr], vient par la force. Cela n’exclut pas la consultation, le débat ou la démocratie, mais une force centrale est nécessaire », a-t-il ajouté, sans aller plus loin.

Pas bon signe

Ces propos ont provoqué de vives réactions en Hongrie. Le média européen Presseurop.eu cite le quotidien de gauche Nepszava qui estime que « si quelqu’un doutait encore qu’Orbán soit plutôt partisan d’un régime autoritaire que de la démocratie, il en a fourni la preuve par lui-même. Son discours n’était pas un lapsus, mais révèle le fond de sa pensée. On sait maintenant ce qu’il pense de l’Europe, de la Hongrie, et de la démocratie ».

Pour le journal de droite, Magyar Nemzet, cette déclaration n’est pas un « bon signe ». « Le problème est de trouver le juste milieu entre intérêt national et intérêt commun. Ce que l’on a entendu d’Orbán est un monologue, pas un dialogue ».