Viktor Orbán rencontre Donald Trump dans le cadre de sa « mission de paix » unilatérale

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a rencontré l'ancien président américain et candidat à la présidentielle de novembre Donald Trump dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, après le sommet de l'OTAN.

Euractiv.com
President Trump welcomes Hungarian Prime Minister Viktor Orban to White House
Avant de se rendre à Washington, Viktor Orban avait fait l'éloge de Donald Trump dans une interview avec Politico, le décrivant comme "l'homme de la paix", ajoutant qu'il y avait "de très, très grandes chances" que l'actuel président américain Joe Biden ne remporte pas l'élection américaine en novembre. [EPA-EFE/JIM LO SCALZO]

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a rencontré l’ancien président américain et candidat à la présidentielle de novembre Donald Trump dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, après le sommet de l’OTAN.

Viktor Orbán, qui participait au sommet de l’OTAN à Washington cette semaine, s’est envolé pour la Floride jeudi (11 juillet) après la clôture de la réunion de l’alliance militaire. Le dirigeant hongrois a toujours entretenu de bonnes relations avec l’ancien président républicain, sa dernière rencontre avec Donald Trump ayant eu lieu en mars.

« Nous avons discuté des moyens de faire la paix« , a expliqué le chef d’État hongrois sur X. « La bonne nouvelle du jour : il [Donald Trump] va résoudre le problème !« , a-t-il ajouté, sans donner davantage de détails sur les discussions.

Cette rencontre est la dernière d’une série d’entretien controversés organisés par le Premier ministre hongrois depuis que son pays a pris la présidence tournante du Conseil de l’UE le 1er juillet.

En effet, Viktor Orbán s’est attiré ces derniers jours nombreuses critiques de la part de ses homologues européens pour avoir déployé des efforts diplomatiques en solitaire, notamment en rencontrant le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Kiev, le président russe Vladimir Poutine à Moscou et le dirigeant chinois Xi Jinping à Pékin sans concertation avec les autres dirigeants européens, dans le cadre de ce qu’il a décrit comme une « mission de paix » visant à mettre fin à la guerre Ukraine.

Lors de ces rencontres, il cherchait à « collecter des informations » sur la possibilité d’un cessez-le-feu et les perspectives de négociations de paix, a expliqué son conseiller en politique étrangère à Euractiv la semaine dernière.

Les dirigeants et fonctionnaires de l’UE ont unanimement condamné la visite surprise de Viktor Orbán à Moscou, insistant sur le fait que Budapest n’avait pas consulté ses homologues et n’agissait pas au nom de l’ensemble de l’Union.

Mercredi (10 juillet), les ambassadeurs de l’UE ont de nouveau adressé un sévère reproche à Budapest, mais ils ont jusqu’à présent eu du mal à trouver une solution pour régler le problème.

Une erreur politique

Lors du sommet de l’OTAN, les dirigeants européens ont réaffirmé leur désapprobation de voir la Hongrie faire cavalier seul sur ce front.

Le voyage de Viktor Orbán en Russie « était une erreur politique », a déclaré le président du Conseil européen Charles Michel à un groupe de journalistes en marge du sommet de l’OTAN à Washington.

Charles Michel a ajouté que « les États membres ont réagi très clairement […] en indiquant clairement qu’il y avait un grave avertissement à l’égard de la présidence hongroise ».

« Cette façon de travailler n’est pas acceptable », a-t-il asséné.

« Viktor Orbán n’a aucun mandat de l’OTAN ni de l’UE pour mener une quelconque forme de négociation », a indiqué le président finlandais Alexander Stubb à la presse, également en marge du sommet de l’OTAN à Washington.

« Il peut le faire en son nom propre. Mais je ne suis pas du tout d’accord avec cela. Je n’en vois tout simplement pas l’utilité », a-t-il ajouté.

La rencontre de Viktor Orbán avec Donald Trump jeudi devrait contrarier davantage les dirigeants de l’UE, déjà irrités par l’approche de plus en plus contradictoire de la Hongrie vis-à-vis des positions de politique étrangère de l’Union.

Intermédiaire entre Donald Trump et Vladimir Poutine ?

Avant de se rendre à Washington, le Hongrois avait fait l’éloge de Donald Trump dans une interview avec Politico, le décrivant comme « l’homme de la paix », ajoutant qu’il y avait « de très, très grandes chances » que Joe Biden ne remporte pas le scrutin de novembre.

Il est également à noter que le slogan de la présidence hongroise du Conseil est inspiré du slogan de campgane de Donald Trump : Make Europe Great Again.

Selon plusieurs diplomates de l’UE, le dirigeant hongrois n’a une fois de plus pas informé ses homologues de la rencontre prévue jeudi.

Certains d’entre eux se sont inquiétés du fait qu’avec une possible victoire de Donald Trump aux élections de novembre et donc son retour à la Maison-Blanche, Viktor Orbán se positionnait déjà comme un intermédiaire possible entre le républicain et Vladimir Poutine.

En outre, le Premier ministre hongrois, comme le candidat républicain, a exprimé son scepticisme quant au rôle joué par l’OTAN dans le soutien à l’Ukraine et a refusé d’envoyer une aide militaire à Kiev, obtenant une dérogation sur ce point.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]