Vincent Degert : La Serbie « sur la bonne voie » pour son adhésion
La Serbie parvient avec succès à mettre en oeuvre de nombreuses réformes nécessaires pour que le pays obtienne le statut de candidat à l'UE, a déclaré l'ambassadeur de l'Union dans le pays, Vincent Degert. Lors d'un entretien exclusif accordé à EURACTIV Serbie, M. Degert a mis en exergue les obstacles et les problèmes que la Serbie se doit d'affronter pour continuer à progresser vers son adhésion à l'UE.
La Serbie parvient avec succès à mettre en oeuvre de nombreuses réformes nécessaires pour que le pays obtienne le statut de candidat à l'UE, a déclaré l'ambassadeur de l'Union dans le pays, Vincent Degert. Lors d'un entretien exclusif accordé à EURACTIV Serbie, M. Degert a mis en exergue les obstacles et les problèmes que la Serbie se doit d'affronter pour continuer à progresser vers son adhésion à l'UE.
M. Degert a salué le « plan d'action » de la Serbie pour son adhésion à l'UE, affirmant que « chaque ministère savait exactement ce qu'il devait faire et dans quels délais ». Il a commenté les 96 mesures présentes dans le plan d'action global : « Tout n'a pas encore été fait, mais je pense que nous somme sur la bonne voie ».
L'ambassadeur a souligné les efforts de la Serbie s'agissant de poursuivre les criminels de guerre et de se réconcilier avec ses voisins, après les conflits qui ont fait rage en Yougoslavie dans les années 1990.
Il a qualifié les arrestations des fugitifs Goran Hadži? et Ratko Mladi? d'« élément très positif », car « lorsque les Etats membres ont demandé à la Commission d'élaborer un avis sur l'adhésion, ils ont insisté sur la coopération avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie ».
M. Degert a également qualifié de positives les visites de « réconciliation » du président serbe, Boris Tadi?, à Vukovar en Croatie et à Sarajevo, la coopération avec la police et le système judiciaire, les réformes du financement des partis politiques et la création de conseils nationaux pour représenter les minorités ethniques.
Une évaluation positive de la Commission sur l'évolution de la Serbie est essentielle si le pays souhaite faire partie de l'Union et donc avoir accès au vaste marché commun et aux fonds structurels. La Croatie, pays voisin, devrait entrer dans l'UE en juillet 2013. Le Monténégro est devenu un candidat officiel à l'UE en décembre 2010, un statut que l'Albanie n'est pas parvenue à obtenir car elle n'a pas réussi à démocratiser son système politique.
La Commission devrait présenter son avis sur la candidature de la Serbie le 12 octobre 2011.
M. Degert estime qu'il existe un soutien politique fort en faveur de l'adhésion de la Serbie à l'Union. « J'ai pu remarquer, lorsque le commissaire [à l'élargissement] [Štefan] Füle s'est adressé au Parlement, qu'il n'y avait pas un consensus total sur l'adhésion de la Serbie, car certains membres de l'assemblée semblaient contre cette idée. Mais de manière générale, plus de 80 % de la sphère politique est en faveur de l'adhésion de la Serbie et j'en suis très content », a-t-il affirmé.
« Je ne suis pas surpris par ce pourcentage, car la place de la Serbie est en Europe : de par son histoire, sa culture, sa géographie, son économie, c'est une évidence. Lorsque 80 % de vos activités commerciales sont liées à l'Union européenne et à ses pays voisins, il est évident que vous êtes en Europe », a-t-il ajouté.
Des obstacles à l'adhésion
L'ambassadeur a toutefois fait remarquer qu'il restait des progrès à faire dans certains domaines. Il a souligné que Bruxelles devait « s'assurer que les réformes adoptées étaient correctement mises en œuvre par la suite », insistant qu'il s'agissait là de l'une de ses priorités.
Il a affirmé que l'UE garderait un œil sur le développement des réformes judiciaires, de l'Etat de droit, de la lutte contre la corruption et le crime organisé, ainsi que sur les droits de propriété et les restitutions suite aux guerres de Yougoslavie.
Commentant la dégradation des relations entre les autorités serbes et kosovares dans le cadre des discussions facilitées par l'UE, malgré un récent accord, M. Degert a déclaré qu'il ne s'agissait pas d'un dialogue facile, ajoutant que l'on prévoyait « des hauts et des bas ».
Cependant, il a également mis en exergue certaines mesures qui « amélioreront la qualité de vie de la population sur le terrain », notamment des mesures permettant aux citoyens de traverser les frontières. « Ils peuvent utiliser leur carte d'identité, [ils ont des] facilités pour voyager, ils peuvent obtenir un certificat de naissance, il s'agit de questions très pratiques pour les citoyens », a expliqué M. Degert.
« Bien sûr, il ne faut pas s'arrêter là. Nous devons bien entendu être plus ambitieux et souhaiter plus de résultats », a-t-il ajouté.
M. Degert a également souligné la nécessité de l'existence de médias indépendants et transparents en Serbie. « Les sources de financement [des médias], lorsqu’elles proviennent de la municipalité ou de l'Etat, doivent être très claires et transparentes », a déclaré le diplomate.