Volodymyr Zelensky appelle à la création d’une armée européenne
Volodymyr Zelensky a plaidé pour la création de « forces armées de l’Europe » afin de renforcer la sécurité européenne face aux menaces de désengagement des États-Unis.
Munich, Allemagne — Volodymyr Zelensky a plaidé pour la création de « forces armées de l’Europe » afin de renforcer la sécurité européenne face aux menaces de désengagement des États-Unis.
« Qu’en est-il de vos forces armées ? », a demandé le président ukrainien lors de son discours très attendu, samedi, à la Conférence de Munich sur la sécurité, « sont-elles prêtes ? »
« Je crois vraiment que le moment est venu de créer les forces armées de l’Europe », a-t-il lancé.
L’armée ukrainienne ne peut à elle seule garantir la sécurité de son pays, a-t-il souligné, ce qui signifie que l’Europe devra augmenter considérablement ses dépenses de défense.
Mais il a également exhorté l’Europe à faire comprendre à ses citoyens l’importance de cette décision, puisque les États-Unis laissent entendre qu’ils réduiront leur rôle dans la garantie de la sécurité européenne.
« Soyons honnêtes, nous ne pouvons pas exclure que l’Amérique dise non à l’Europe sur des questions qui pourraient la menacer », a-t-il averti.
Vendredi, Volodymyr Zelensky a déclaré qu’il avait dit à Donald Trump que Vladimir Poutine était un « menteur » s’il disait vouloir conclure un accord pour mettre fin à la guerre.
Dans un discours qui a suscité une longue ovation de la part du public, le président ukrainien a également affirmé que les services de renseignement de son pays « ont des informations claires selon lesquelles la Russie prévoit d’envoyer des troupes en Biélorussie cet été sous prétexte d’exercices d’entraînement ».
Faisant un parallèle avec les exercices militaires de la Russie avant son invasion à grande échelle en février 2022, il a averti que cela pourrait être un signe que Moscou pourrait tenter de s’en prendre à d’autres pays européens voisins.
Le président ukrainien a également adressé un message clair aux partisans de Donald Trump, en Europe et au-delà.
Interrogé sur l’appel téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine mercredi, Volodymyr Zelensky a réitéré la position de l’Ukraine : « nous n’accepterons jamais un accord conclu dans notre dos sans nous ».
Il a par ailleurs révélé que Donald Trump n’avait pas dit une seule fois pendant leur conversation que les Européens devraient jouer un rôle dans les négociations, et a lancé un appel passionné à l’Europe pour qu’elle adopte une position commune.
« Même ceux qui se rendent régulièrement à Mar-a-Lago » doivent se rallier à cette position européenne, a-t-il intercédé, en référence voilée au Premier ministre hongrois Viktor Orbán ou à l’Italienne Giorgia Meloni.
S’adressant à ceux qui « n’aiment pas Bruxelles », Volodymyr Zelensky a ajouté : « si ce n’est pas Bruxelles, ce sera Moscou ».
Le président ukrainien a clairement indiqué qu’il n’excluait pas l’adhésion de l’Ukraine à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), et que son ambition de rejoindre l’alliance militaire occidentale restait essentielle à toute discussion sur les garanties de sécurité.