Volodymyr Zelensky présente son « plan de victoire » aux dirigeants de l’UE
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky présentait ce jeudi 17 octobre son « plan de victoire » aux dirigeants européens, insistant sur un point en particulier : l’importance pour Kiev d’obtenir une invitation à rejoindre l’OTAN.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky présentait ce jeudi 17 octobre son « plan de victoire » aux dirigeants européens, insistant sur un point en particulier : l’importance pour Kiev d’obtenir une invitation à rejoindre l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).
« Il est important pour nous de nous renforcer, et la première étape devrait être une invitation [à rejoindre l’OTAN », a déclaré le président ukrainien après avoir présenté son « plan de victoire » aux dirigeants européens réunis pour un sommet de deux jours à Bruxelles (17-18 octobre).
Même si l’adhésion à part entière pourra « venir après la guerre », plus tôt le processus commencera, mieux ce sera pour une « paix juste », a affirmé Volodymyr Zelensky.
« L’invitation [à rejoindre l’OTAN] est une mesure préventive visant à montrer que ce n’est pas [le président russe] Vladimir Poutine qui change le monde et que l’agresseur ne peut pas créer un nouvel ordre international », a-t-il continué.
Après son discours, le président ukrainien a indiqué aux journalistes qu’une « majorité » des 18 dirigeants de l’Union européenne (UE) qui avaient répondu à son plan jeudi en soutenaient le contenu.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a été le seul à rejeter ouvertement le plan ukrainien, le considérant comme « plus qu’effrayant », rapporte Politico. Selon le dirigeant hongrois, au lieu d’envoyer plus d’armes à l’Ukraine, il faudrait un cessez-le-feu et des négociations de paix.
Feu vert de Donald Trump ?
Jusqu’à présent, cependant, aucun des principaux pays occidentaux de l’Alliance n’a publiquement apporté son soutien à une invitation rapide à rejoindre l’OTAN.
Volodymyr Zelensky a fait la promotion de son initiative aux États-Unis, en France, en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni, mais plusieurs diplomates affirment que son appel à une invitation immédiate à rejoindre l’OTAN est largement perçu comme irréaliste.
En effet, une invitation formelle nécessiterait l’approbation unanime des 32 membres de l’alliance militaire.
Concernant le soutien des États-Unis plus spécifiquement, le président ukrainien a déclaré qu’il avait discuté de cette question le mois dernier avec le président américain Joe Biden et les deux candidats à l’élection présidentielle du mois prochain, l’actuelle vice-présidente démocrate Kamala Harris et l’ancien président républicain Donald Trump.
Au cours de l’année écoulée, les États-Unis et l’Allemagne ont été les principaux opposants à une adhésion immédiate de l’Ukraine à l’Alliance, soutenant qu’une telle démarche mettrait l’OTAN sur la voie de la guerre avec la puissance nucléaire qu’est la Russie.
Interrogé sur sa conversation avec Donald Trump, Volodymyr Zelensky a déclaré qu’il lui avait expliqué comment le mémorandum de Budapest avait été « déchiré » par la Russie, raison pour laquelle l’Ukraine souhaitait adhérer à l’OTAN afin de garantir sa sécurité.
Il a également déclaré que l’ancien président des États-Unis lui avait répondu qu’il avait de « bons arguments », ajoutant que le Républicain lui avait donné l’impression de l’avoir « entendu ».
Des doutes subsistent
Toutefois, que soit Kamala Harris ou Donald Trump qui remporte les élections en novembre, il est peu probable que la position de Washington change radicalement, selon des fonctionnaires américains.
Quant au chancelier allemand Olaf Scholz, Volodymyr Zelensky a rappelé aux journalistes qu’il « n’a jamais dit non et n’a jamais dit oui ».
« Si vous voulez vraiment que l’Ukraine soit membre de l’OTAN […], les paroles et les actes doivent aller de pair », a également précisé le président ukrainien, qui doit par ailleurs se rendre au siège de l’OTAN dans la journée de jeudi.
Le nouveau secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a réitéré mercredi 16 octobre l’engagement de l’alliance militaire occidentale selon lequel « l’Ukraine sera membre de l’OTAN dans le futur », sans toutefois donner de date plus précise.
Après un premier jour de discussions des ministres de la Défense des pays de l’OTAN, Mark Rutte a par ailleurs déclaré qu’il ne pouvait donner de calendrier pour l’instant.
Certains diplomates occidentaux ont également fait valoir que la situation actuelle sur le champ de bataille et la perspective d’attaques massives de la Russie contre les infrastructures ukrainiennes suffisent à justifier la recherche d’une fin négociée à la guerre plutôt que de la laisser s’éterniser.
En amont du sommet de Bruxelles, Olaf Scholz a annoncé au Bundestag que Berlin souhaitait explorer les moyens de mettre un terme à la guerre de la Russie en Ukraine, évoquant la possibilité de négociations avec Moscou.
« Outre un soutien clair à l’Ukraine, il est temps pour nous de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour explorer les moyens de parvenir à une situation où cette guerre ne se poursuivra pas indéfiniment », a affirmé le chancelier allemand.
Il a cependant insisté sur le consensus selon lequel tout effort visant à apporter une solution à la guerre doit être réalisé en coordination avec les autorités ukrainiennes.
[Édité par Anna Martino & Anne-Sophie Gayet]