Zone euro : démentis en cascade sur la sortie de la Grèce

A la suite de rumeurs relayées par le quotidien allemand Der Spiegel, plusieurs responsables européens affirment que l’abandon de l’euro par la Grèce n’est pas à l’ordre du jour.

EURACTIV.fr

A la suite de rumeurs relayées par le quotidien allemand Der Spiegel, plusieurs responsables européens affirment que l’abandon de l’euro par la Grèce n’est pas à l’ordre du jour.

Un an après son premier sauvetage par l’Union européenne, le week-end aura été agité pour la Grèce. Une réunion des pays de la zone euro membres du G20 – l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne – en présence du président de l’eurogroupe, Jean-Claude Juncker a eu lieu vendredi 6 mai. 

Le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet assistait également à la rencontre ainsi qu’Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires.

Or, quelques heures avant le début de la rencontre, le site internet du quotidien allemand Der Spiegel, avait annoncé que la possibilité d’une sortie de la Grèce du club des pays utilisant l’euro serait abordée, à la demande d’Athènes, tout comme l’idée d’une restructuration de la dette souveraine du pays. Celle-ci se monte à 327 milliards d’euros.

« Rumeurs stupides »

Depuis deux jours, les démentis n’ont pas cessé. Les discussions ont porté sur des questions liées au G20, dont un large tour d’horizon sur la Grèce, a tout d’abord précisé à la presse Jean-Claude Juncker après la réunion. 

Il a qualifié ces informations d’ »idée stupide » ou de « rumeurs pures et simples. »

De son côté, le premier ministre grec, George Papandréou, a démenti, samedi 7 mai, que des discussions, même officieuses, soient en cours sur une sortie de la Grèce de la zone euro, et a demandé à ce qu’on « laisse son pays tranquille » pour venir à bout de ce qu’il doit accomplir.

« De tels scénarios sont à la limite du répréhensible », a estimé Papandréou lors d’une conférence sur l’île de Meganisi, en mer Ionienne. « Aucun scénario de ce type n’a été évoqué, même lors de nos contacts officieux(…). Je demande à tout le monde, en Grèce comme à l’étranger, et notamment au sein de l’UE, de laisser la Grèce tranquille pour qu’elle fasse en paix ce qu’elle a à faire ».

« Plutôt contre »

Le ministre allemand de l’Économie a quant à lui déclaré, dimanche 8 mai, ne pas soutenir l’idée d’une sortie de la Grèce de la zone euro et d’un retour au drachme. Il a estimé que cela affaiblirait l’Union européenne (UE), à un moment où celle-ci a besoin d’être renforcée.

« Je n’y suis pas favorable (…), je suis même plutôt contre », a déclaré à Reuters Rainer Brüderle, en marge d’une réunion parlementaire. « Notre objectif doit être le renforcement de l’Europe. »

Le même jour, le ministre britannique des Finances, George Osborne, a déclaré que la Grèce pourrait avoir besoin d’une aide supplémentaire de la part des pays de la zone euro pour faire face à son endettement. Il a précisé que la Grande-Bretagne ne s’associerait pas à de tels efforts.

« Nous ne voulons assurément pas participer à un sauvetage de la Grèce, à un deuxième sauvetage de la Grèce », a-t-il dit à la BBC.

En mai 2010, Athènes avait obtenu un plan de sauvetage de 110 milliards d’euros de l’Union européenne et du Fonds monétaire international mais le pays, en pleine récession, éprouve des difficultés à réduire son déficit budgétaire aussi rapidement que prévu.