Zone euro : les marchés de plus en plus inquiets
Les marchés anticipent déjà un éventuel sauvetage du Portugal et craignent une propagation de la crise à l’Espagne, puis à d’autres pays de la zone euro.
Les marchés anticipent déjà un éventuel sauvetage du Portugal et craignent une propagation de la crise à l’Espagne, puis à d’autres pays de la zone euro.
Les primes de risque exigées par les investisseurs pour détenir de la dette espagnole ou italienne se sont envolés, mardi 30 novembre. Une situation qui fait davantage encore plonger la zone euro dans la crise.
Les responsables politiques et monétaires européens ne parviennent pas, semble-t-il, à enrayer la tendance de marchés qui testent leur détermination à aider financièrement des pays comme le Portugal ou l’Espagne après le plan d’aide de 85 milliards d’euros accordé à l’Irlande le 28 novembre.
Mais ce ne sont désormais plus uniquement les pays périphériques qui sont attaqués puisque les coûts d’emprunt de la Belgique et de la France ont également augmenté.
Une étude menée par Reuters auprès de 55 gestionnaires de fonds montre en effet que les investisseurs américains et britanniques ont nettement réduit leur exposition aux obligations de la zone euro ce mois-ci, privilégiant les marchés d’actions, en dépit de leur faiblesse.
Les marchés anticipent déjà un éventuel sauvetage du Portugal et craignent une propagation de la crise par la suite à l’Espagne, puis à d’autres pays de la zone euro.
Selon Willem Buiter, économiste en chef chez Citigroup, la crainte d’une insolvabilité des États pourrait désormais s’étendre hors de la zone euro et concerner d’autre pays, comme les États-Unis ou le Japon.
Secteur bancaire touché
Le 30 novembre, l’euro reculait à 1,2969 dollar, touchant un plus bas de deux mois et demi contre le dollar et perdant près de 8% de sa valeur contre le billet vert ce mois-ci.
Les spreads (écarts des taux) des obligations à 10 ans espagnoles, italiennes et belges par rapport aux obligations allemandes de même échéance ont atteint leur plus haut niveau depuis la création de l’euro en janvier 1999. Le coût de l’assurance contre l’insolvabilité de ces États a également grimpé.
Le secteur bancaire européen est aussi touché, l’indice de référence cédant 0,96% à la clôture des Bourses européennes, tiré notamment vers le bas par les valeurs françaises qui ont réagi négativement aux rumeurs d’un possible abaissement de la perspective de la France par Standard & Poor’s.
« C’est très inquiétant, parce que l’Espagne est presque trop grosse pour être renflouée et l’Italie l’est certainement », a déclaré Everett Brown, analyste des obligations européennes chez IDEAglobal.
Le site économique et financier Eurointelligence explique de son côté que les marchés doutent désormais de plus en plus de la solvabilité des États périphériques, alors qu’ils étaient surtout préoccupés, ces dernières semaines, par leurs problèmes de liquidité à court terme.
« Nous considérons qu’un défaut de paiement de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal est acquis », peut-on lire sur le site. « Reste désormais à savoir si l’Espagne va pouvoir y échapper. »