Élections européennes : il est encore possible de bâtir un futur viable
Il est encore possible de bâtir un futur viable, mais cela dépendra de notre capacité à investir dans sa construction dès maintenant, et les élections européennes du 9 juin prochain seront pour cela cruciales.
Les urgences auxquelles notre monde fait face sont très souvent accueillies avec une passivité dramatique de la part de nos aînés. Il est encore possible de bâtir un futur viable, mais cela dépendra de notre capacité à investir dans sa construction dès maintenant, et les élections européennes du 9 juin prochain seront pour cela cruciales.
ONE est une organisation mondiale non partisane qui lutte pour un monde plus juste en exigeant les investissements nécessaires pour créer des opportunités économiques et améliorer la santé en Afrique.
L’UE et ses États membres se distinguent en effet comme les premiers donateurs d’aide publique au développement au monde. Le Parlement européen aura donc un rôle clé dans la coopération internationale, en approuvant le budget de l’UE et les fonds destinés à lutter contre les inégalités mondiales.
Face au changement climatique ou aux pandémies, l’Union européenne devra pouvoir compter sur ses partenaires. Il sera essentiel de repenser notre soutien aux systèmes de coopération internationale.
Premièrement, les eurodéputés devront s’assurer d’une augmentation des ressources disponibles. Alors que les financements étaient déjà en deçà des promesses – seuls 4 pays membres de l’UE respectent l’engagement pris en 1970 de verser 0,7 % de leur revenu national brut à l’aide au développement – nous assistons désormais à leur dégradation, tristement illustrée en France par une récente coupe de 742 millions d’euros dans ce budget pourtant essentiel à notre sécurité et notre prospérité.
Ce changement de cap est incompréhensible face aux besoins croissants et aux recettes potentielles qu’une taxe sur les transactions financières (TTF) au niveau européen pourrait générer. L’adoption d’une telle taxe permettrait de lever jusqu’à 29 milliards d’euros par an, qui pourraient être redirigés vers le soutien des secteurs fragilisés comme l’éducation et la santé, non seulement au sein des États membres de l’UE, mais surtout chez leurs partenaires du Sud.
Les eurodéputés devront ensuite s’assurer que l’Union européenne continue de jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre les maladies mortelles. Des progrès incroyables ont été réalisés dans le domaine de la santé mondiale au 21e siècle, avec des avancées majeures contre les maladies dites « évitables ».
Depuis 2000, le nombre de décès dus au sida a chuté de 61 %, le diagnostic et le traitement de la tuberculose ont permis de sauver 75 millions de vies, 11,7 millions de décès dus au paludisme ont été évités et plus d’un milliard d’enfants ont été vaccinés. L’UE a été un acteur clé dans ces progrès et doit continuer notamment en finançant intégralement la reconstitution des ressources de Gavi, l’Alliance du vaccin, et en priorisant la souveraineté de l’Afrique en matière de santé.
Par ailleurs, l’UE doit utiliser son influence politique et diplomatique pour s’assurer que les besoins spécifiques du continent africain soient pris en considération dans les processus internationaux.
Cela passe notamment par un soutien affirmé à une représentation plus importante des pays africains au sein du G20 et du Conseil de sécurité de l’ONU. Les 1,4 milliard d’Africains, représentant près de 17 % de la population mondiale, ne peuvent rester sans voix dans ces discussions cruciales pour l’avenir de la planète.
Les futurs eurodéputés seront les derniers à avoir la responsabilité de tout mettre en œuvre pour atteindre les Objectifs de développement durable fixés dans la perspective d’un meilleur avenir pour tous, censés être atteint d’ici 2030. Parce que nous n’avons plus le temps d’attendre, il est primordial que nos futurs élus endossent la responsabilité qui est la leur : celle d’agir pour le bien commun de tous.