Laurent Vinatier : La Russie et l’Europe peuvent former un couple gagnant
L’Union peut-elle réellement envisager de construire avec la Russie un partenariat fondé sur le respect des intérêts de chaque partie ? Laurent Vinatier, chercheur associé à l’Institut Thomas More, tente de répondre à cette question dans une tribune publiée par le think tank, à l’occasion du sommet UE/Russie du 14 novembre.
L’Union peut-elle réellement envisager de construire avec la Russie un partenariat fondé sur le respect des intérêts de chaque partie ? Laurent Vinatier, chercheur associé à l’Institut Thomas More, tente de répondre à cette question dans une tribune publiée par le think tank, à l’occasion du sommet UE/Russie du 14 novembre.
Comment ne pas discuter avec Moscou ? Comment même ne pas s’entendre ? L’Europe et la Russie sont en somme condamnées à réussir. L’ensemble des difficultés et mésententes que tout le monde connaît, notamment gazières, ne doit pas empêcher le dialogue de reprendre pas à pas. Pratiquement, dans un contexte compliqué par une défiance latente, plutôt que de se concentrer sur un Accord de Partenariat et de Coopération trop global ou sur les questions d’hydrocarbures, n’y aurait-il pas lieu de poser des jalons de confiance en traitant d’enjeux plus accessibles, y compris énergétiques, puisque c’est là de toute façon le domaine essentiel, si ce n’est impératif, de coopération ? Le secteur nucléaire, en particulier, offre en cela des opportunités non négligeables d’avancées possibles.
Le nucléaire fait son retour en Europe. La présidence française de l’Union européenne, qui a fait de la sécurité énergétique et des exigences climatiques l’une de ses priorités, tente d’en promouvoir le développement auprès de ses partenaires. La position de la Commission évolue en parallèle, comme l’ont laissé entendre de récentes déclarations d’Andris Piebalgs, Commissaire européen en charge des questions énergétiques. Or la Russie précisément, par la voix de Sergueï Kirienko, grand maître d’œuvre du nucléaire russe, ne cesse d’appeler aux collaborations internationales, aux investissements étrangers, aux partenariats industriels d’intérêts mutuels. Il précise par exemple que les investisseurs privés pourront entrer jusqu’à 49% dans le capital des projets nucléaires civils et participer aux filiales de Rosatom. En un mot, la Russie, depuis peu, manifeste une réelle volonté d’initiative et d’engagement. Sergueï Kirienko, d’ailleurs, n’a-t-il pas évoqué cet été l’ambition de mettre en place, avec d’autres, « un nouveau système de développement de l’industrie nucléaire» ?
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