« Il faut prouver aux Allemands que nous sommes aussi sérieux qu’eux »
Dans un rapport publié par l’Institut Bruegel, l’économiste, membre du Conseil d’analyse économique, Jacques Delpla, propose que les États divisent leur dette en deux parties.
Dans un rapport publié par l’Institut Bruegel, l’économiste, membre du Conseil d’analyse économique, Jacques Delpla, propose que les États divisent leur dette en deux parties.
Vous proposez un mécanisme sur la dette qui permettrait de sauver l’euro aujourd’hui menacé. Quelles en sont les grandes lignes ?
La deuxième étape consisterait à fusionner les dettes bleues de tous les pays de la zone euro. Les pays engageraient leur responsabilité conjointe et solidaire. Cela signifie que tous les Parlements garantiraient l’ensemble de la dette bleue des autres pays. L’Allemagne garantirait la dette bleue des 15 autres pays de la zone euro et Chypre ou Malte garantiraient aussi l’ensemble de la dette bleue des autres pays. La force du mécanisme réside dans cet engagement collectif.
Ce système serait incitatif pour les investisseurs internationaux…
Oui. Ils achèteraient de la dette bleue sur les marchés. Ils sauraient que s’ils achètent 100 euros de dette bleue, 28 iraient à l’Allemagne, 20 à la France… Et ils sauraient que tous les pays sont conjointement et solidairement responsables.
Votre proposition a-t-elle déjà reçu un écho positif, notamment en Allemagne ?
Au début, quand j’en parlais à l’Allemagne, l’accueil était négatif. Aujourd’hui je vois qu’ils parlent de réfléchir à des mécanismes de défaut sur les dettes souveraines en Europe, ce qui correspond à peu près à ce que je propose.
La Commission semble vouloir proposer un système d’alerte pour les dettes excessives. Qu’en pensez-vous ?
C’est ce que l’Europe fait depuis dix ans. Ils sont tous coupables et essaient de montrer que cela sera mieux avec ce qu’ils proposent.