« Il ne faut pas punir les États qui ont déjà des problèmes »

Le député européen finlandais (ADLE) est en charge du rapport sur les déficits macroéconomiques de la zone euro. Il est opposé à toute forme de sanction politique pour les États dont les finances publiques ne respecteraient pas les limites prévues par l’UE.

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Le député européen finlandais (ADLE) est en charge du rapport sur les déficits macroéconomiques de la zone euro. Il est opposé à toute forme de sanction politique pour les États dont les finances publiques ne respecteraient pas les limites prévues par l’UE.

Vous êtes en charge d’un rapport sur les déficits macro-économiques de la zone euro. Quelles sont vos principales conclusions?

Il est important que le paquet sur la gouvernance économique comprenne un volet comprenant des sanctions, dans le cas où un État refuse de conduire les réformes nécessaires et de corriger ses actions quand il est face à des déséquilibres. C’est une question de crédibilité.

En quoi ces déséquilibres macro-économiques sont-ils un danger?

Nous l’avons vu en Irlande ou en Espagne : ils peuvent avoir des effets sur toute l’économie de la zone euro. 

L’idée est bien évidemment que chaque État agisse de lui-même dès qu’un déséquilibre est identifié. Dans l’idéal, nous ne devrions pas avoir besoin de sanctions. Mais si un pays refuse d’agir, il est important, pour la crédibilité et pour le renforcement du système actuel, de disposer de sanctions.

Quelle types de sanctions doivent être appliquées?

Il s’agit de sanctions économiques comprises entre 0,1 et 0,5% du PIB. Ce sont des amendes assez importantes.  Si elles sont trop petites, elles n’auront aucun effet.

Dans votre rapport, vous n’évoquez pas de possibles sanctions politiques. Pourquoi?

Ce rapport est fondé sur les propositions de la Commission, qui s’est servi de ce qui est permis par le traité de Lisbonne. Or, il est impossible d’imposer des sanctions politiques avec ce traité.

Si vous voulez mettre en place un système crédible dès cette année, vous devez le faire avec le traité actuel.

Par ailleurs, personnellement, je ne suis pas favorable à ce que des sanctions comme la suspension des droits de votes ou la suspension des subventions de la politique de cohésion soient appliquées.

Si la Grèce ou l’Irlande avaient été soumises à de telles sanctions, aurions-nous évité la crise?

Nous devons nous souvenir qu’il ne s’agit pas de punir des États qui ont déjà des problèmes. Car si vous sanctionnez un pays qui est déjà, par exemple, en pleine crise, vous ne ferez que rendre sa situation encore plus difficile.

Cette sanction s’adresse plus à des pays comme la Finlande, la Pologne, l’Allemagne ou les Pays-Bas, si, par exemple, ils commençaient à montrer des signes de faiblesse annonçant un problème à venir.

L’Irlande a longtemps été appelée le «tigre celtique». Puis, il y a quelques années, l’économie de ce pays a montré des signes inquiétants. Nous aurions pu intervenir à ce moment-là. La Commission aurait pu exiger de l’Irlande qu’elle change certaines de ses politiques, sous peine de sanctions.

Que pensez-vous du pacte de compétitivité présenté par la France et l’Allemagne le 4 février?

Sur le fond, le contenu est bon. Sur un plan macroéconomique, il identifie de vrais problèmes, comme le départ de l’âge à la retraite. 

Mais la procédure qu’ils ont utilisée est terrible. Tout d’abord, je n’aime pas cette vieille culture selon laquelle deux grands États membres pensent qu’ils peuvent s’accorder sur un point et se contenter d’en informer les autres États membres. L’Union européenne compte 27 pays.

Nous devrions tout fonder sur la « méthode communautaire » et le traité de Lisbonne. Certains dirigeants européens, au sein du Conseil, regrettent apparemment le traité de Lisbonne, qui a doté le Parlement de pouvoirs dont ils ne veulent plus. 

Ce que font la France, l’Allemagne et les autres pays au Conseil est très mauvais pour la démocratie en Europe. C’est irresponsable.