L’Ukraine doit être invitée à rejoindre l’OTAN sans attendre, selon l’ambassadrice du pays auprès de l’Alliance
Selon l’ambassadrice d’Ukraine auprès de l'OTAN, l’Ukraine devrait recevoir une invitation à rejoindre l’alliance militaire dès que possible, sans attendre la fin de la guerre avec la Russie.
Selon Natalia Galibarenko, ambassadrice d’Ukraine auprès de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), l’Ukraine devrait recevoir une invitation à rejoindre l’Alliance dès que possible, sans attendre la fin de la guerre avec la Russie.
Le premier point du « plan de la victoire » proposé par le président ukrainien Volodymyr Zelensky appelle les membres de l’OTAN à inviter l’Ukraine à rejoindre l’alliance militaire.
Jusqu’à présent, la position officielle de l’OTAN est que l’Ukraine rejoindra l’alliance militaire occidentale un jour. Mais les dirigeants des pays alliés ont posé des conditions à son adhésion lors du sommet de Vilnius en 2023. Ces conditions portent sur l’avancement des réformes internes, telles que des processus d’approvisionnement plus transparents, et sur la fin de la guerre, qui, selon Volodymyr Zelensky, pourrait survenir en 2025.
Because in fact they are connected, invitation and accession talks, but not in a timeline that today you receive invitation and then the next day the accession talks should begin ».
« L’invitation peut être donnée dès maintenant, sans attendre la fin de la guerre », explique Natalia Galibarenko, ambassadrice d’Ukraine auprès de l’OTAN, lors d’un entretien avec Euractiv.
L’invitation à devenir membre de l’OTAN n’est qu’une première étape vers l’adhésion à part entière, car chaque pays membre de l’Alliance doit ensuite approuver l’adhésion du candidat.
Cependant, une invitation est encore hors de portée pour Kiev, ont déclaré à Euractiv des diplomates de l’alliance militaire.
Parallèlement à cela, Natalia Galibarenko a mis en garde contre le fait de n’envoyer que des signaux politiques sur l’adhésion de l’Ukraine avec les déclarations selon lesquelles l’OTAN construit actuellement un « pont » en vue d’une adhésion future de Kiev à l’Alliance. Il s’agit là de promesses insuffisantes pour les Ukrainiens.
« Si nous continuons [sur cette voie], la Russie verra également que l’OTAN joue avec nous », insiste-t-elle.
La semaine dernière, un haut fonctionnaire du gouvernement américain déclarait à la presse que les États-Unis restent opposés à une invitation formelle pour le moment.
Au lieu de cela, les partisans de l’Ukraine restent concentrés sur la mise à disposition d’une aide militaire.
Alors que des systèmes de défense aérienne ont été promis — « des dizaines », selon la Maison-Blanche à la mi-juillet — tous n’ont pas été livrés, affirme Natalia Galibarenko. Or, il faudrait en priorité « mettre en œuvre l’intégralité de ce qui a été promis, par exemple, lors du sommet de l’OTAN à Washington — tout n’est pas là », estime-t-elle.
Alors que Kiev et ses alliés se réuniront pour coordonner les livraisons militaires dans les prochains jours, la défense aérienne reste « la priorité », selon l’ambassadrice.
Les États membres de l’OTAN qui soutiennent l’Ukraine ont promis d’envoyer une aide militaire d’au moins 40 milliards d’euros au cours des 12 prochains mois, un montant à peu près similaire à celui alloué ces deux dernières années.
Le nouveau secrétaire général de l’alliance militaire, Mark Rutte, doit recevoir des rapports réguliers sur les livraisons, dont l’Ukraine dit souvent qu’elles ne correspondent pas à ce qui a été promis. « Parfois, nous entendons plusieurs fois la même promesse », note Natalia Galibarenko.
Sans cet équipement, les espoirs pour l’hiver et une contre-offensive majeure au printemps, qui pourraient faire basculer la situation en faveur de l’Ukraine sur le terrain et lui donner l’avantage à la table des négociations, semblent minces.
Le 9 octobre, Volodymyr Zelensky a déclaré que « la situation sur le champ de bataille crée une opportunité de faire un choix en faveur d’une action décisive pour mettre fin à la guerre au plus tard en 2025 ».
Alors que l’ancien chef de l’OTAN, Jens Stoltenberg, avait promis de suivre individuellement l’état des livraisons avec chaque gouvernement, on ne sait pas encore si Mark Rutte nourrit les mêmes projets.
Il en va de même pour la levée de l’interdiction d’utiliser des armes à longue portée afin de permettre aux Ukrainiens de frapper en profondeur le territoire russe, ajoute Natalia Galibarenko. « Si nos partenaires souhaitent voir notre victoire, ils devraient déjà lever toutes les interdictions. »
[Édité par Anne-Sophie Gayet]