« Modifier les traités ne peut être un tabou »
Dans une interview exclusive accordée à EURACTIV Slovaquie, le ministre slovaque des finances, Ján Po?iatek, critique le président de la Commission pour sa « naïveté » et soutient les propositions allemandes de durcissement de la discipline budgétaire.
Dans une interview exclusive accordée à EURACTIV Slovaquie, le ministre slovaque des finances, Ján Po?iatek, critique le président de la Commission pour sa « naïveté » et soutient les propositions allemandes de durcissement de la discipline budgétaire.
Le président de la Commission a réagi assez durement [dans une interview récente auFrankfurter Allgemeine Zeitung] aux propositions allemandes de resserrer la discipline budgétaire. Il les a qualifiés de « naïves » et a rejeté la possibilité de réviser les traités. Barroso a également souligné la solitude des Allemands sur ce point. Quelle est la position de la Slovaquie sur cette question?
Nous sommes surpris que Barroso ne prenne pas en compte les opinions des petits pays sur cette question, car la Slovaquie soutient la proposition allemande de durcir le Pacte de stabilité et de croissance. D’autres pays y sont également favorables. Lorsque Barroso qualifie la proposition de « naïve », il fait preuve de la même naïveté de croire que quelqu’un sera prêt à payer la facture de 100 milliards d’euros sans imposer davantage de discipline. Et cela nous concerne également – ils ne peuvent pas nous demander d’augmenter notre dette de 20% sans garanties adéquates.
Nous considérons ces remarques sur l’Allemagne comme pour le moins dépourvues de tact. En ce sens, nous accueillons favorablement la position du président du Conseil européen qui prône un débat ouvert. Nous apprécions les propos qu’il a tenus : « rien n’est tabou ».
Barroso a peut être simplement peur qu’une modification des traités ne complique la situation. Il suffit de penser à la pénible ratification du traité de Lisbonne. Et au bout du compte, les voix appelant à moins d’intégration pourraient peut être prédominer. Si tel est son message, le trouvez-vous plus compréhensible?
Je ne trouve pas convenable de délimiter l’ampleur des changements possibles dès le début. La situation est très grave. L’Union européenne a besoin de nouvelles règles plus solides qui incluent des sanctions. Modifier les traités ne peut donc être un tabou. Nous n’avons pas besoin de parler de ce qu’il faut et ne faut pas changer dans les traités. Voyons déjà en quoi devraient consister les nouvelles règles et nous verrons ensuite comment les adopter.
Ne pensez-vous pas que ce débat aurait du avoir lieu depuis longtemps? Les États membres ne sont-ils pas davantage responsable que la Commission d’avoir entravé le processus?
Le non respect des règles dure depuis les six dernières années et ce sous le nez de la Commission. Barroso ne peut prétendre qu’il n’est pas concerné et arriver ensuite comme le messie pour sauver des États qui ont pêché. Il est au cœur du dispositif depuis plusieurs années déjà.
Si les propositions allemandes étaient refusées, pensez-vous que Berlin essaiera de former un petit groupe de pays allant plus loin dans l’intégration?
Ce groupe existe déjà et il s’appelle l’eurozone. Mais, on ne peut pas exclure cette possibilité.